11.01.2007
Maurice G. Dantec
Quand je repense à 1977-1980, à mes dix-huit-vingt et un ans, à ce que l'aventure punk, puis after-punk aura représenté durant ces trois années, je vois que seule une intuition de survivant me guidait : ultime éclat de dandysme électrique dans la grisaille multicolore de la verroterie baba cool ; terminaison cristal bleu monochrome du rock, en un éclair qui se perd dans les mailles du grillage de la culture moderne. Qui oserait republier les écrits d'Yves Adrien de cette époque ? Se ferait-il injurier à son tour, comme "réactionnaire" par je ne sais quelle pleureuse professionnelle des enterrements sociaux-démocrates ?
Le rock punk s'est édifié, en premier lieu, CONTRE la contre-culture hippie. De cela, plus personne ne veut se souvenir aujourd'hui. La mascarade des années 1982-83, avec l'ascension des Béruriers Noirs et de leurs clones fut le spectacle pétrifiant de la récupération de l'électricité originelle par les jeunes-vieux néo-bourgeois post-babas des maisons de disques de cette époque si haute et si géniale qu'elle préféra Indochine, Trust ou Téléphone à Métal Urbain, les Dogs ou Kas Product.
En 1977-78 le punk français - je le souligne - avait inventé, une bonne année avant Londres, le son after-punk, ou cold-wave, ou növö-rock, comme l'appela Yves Adrien. Une petite communauté informelle de groupes très en marge avait vite compris, comme John Lydon à son tour, et plus tard Mick Jones, que tout le kit "punk" était désormais en vente libre pour les post-hippies qui trouvaient soudainement plus cool de porter un Perfecto et des épingles à nourrice en place des tuniques afghanes et des chemises de grand-père. Déjà la nécessité d'injecter le métal froid de l'électronique dans la pulsion sidérurgique du rock se faisait jour, déjà le cirque militant néo-trotskiste, ou rebelle pseudo-biker, nous révoltait, sur le plan de l'éthique, et nous ennuyait à mourir, sur celui de l'esthétique.
C'est de cette vague plus marginale, plus secrète encore que le punk-rock des late seventies qu'est née la techno de Detroit qui, souvent, continue d'ignorer que Kraftwerk venait régulièrement à Paris, à l'écoute des bons plans, lesquels, sur place, n'intéressaient personne.
Il ne s'agit donc pas - comme a cru bon de le faire remarquer je ne sais plus quel vieux rafiot de la critique-rock - d'être "soixante-dix-septiste" ou "quatre-vingt-troisard", mais de comprendre qu'à toutes les époques, toujours, se reconfigure la même conjuration des médiocres et des imbéciles, que partout, tout le temps, les vrais artistes ne survivent que par hasard, ou disons par la main de la Providence. Chaque fois, ils se font piller par des plagiaires qui, dans le pire des cas, leur retourneront sans coup férir l'accusation. Voici les années 80: le Sentier du show-biz troquait ses frusques 70 pour le cuir et le latex, on fabriquait des quarterons lookés hard-rock ou Bains-Douches, et on les lançait dans l'arène des MTV débutantes, en les faisant produire par un grand nom qui sonnait mode, même si c'était au prix, vu les budgets minables, d'une semaine de travail mixage compris. Mais à New York, hein? Et avec la coco.
Maurice G. Dantec, American Black Box, 2007.
Dogs - Charlie Was A Good Boy

Métal Urbain - Anarchie au Palace

Kraftwerk - Metal On Metal

10:15 Publié dans What's my punk ? | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : maurice dantec, american black box, punk, rock, Kraftwerk, Métal Urbain, Dogs
01.01.2007
HAPPY NEW YEAR 1977 !!!

Chrissie Hynde (Pretenders), Debbie Harry (Blondie), Viv Albertine (The Slits), Siouxsie Sioux, Poly Styrene (X Ray Spex) et Pauline Black (The Selecter) vous souhaitent une bonne et heureuse année 1977 !
00:00 Publié dans What's my punk ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.07.2006
Il a pas les cheveux un peu longs, pour un punk, Johnny Rotten ?
Spéciale dédicace à M. X
Et pour clore en musique cette petite polémique entamée dans les commentaires du billet précédent, voici, une fois n'est pas coutume, un morceau de Zabriskie Point, selon moi l'un des meilleurs groupes punk français des années 90, bien plus influencé, lui, par les Buzzcocks, le Clash ou les Ramones, que par GBH, Crass ou Exploited... Le morceau, "Contre-culture", est la meilleure synthèse de notre désaccord avec X...
Zabriskie Point - Contre-culture

CONTRE-CULTURE
A vous regarder on aurait pu croire
On aurait pu croire à vous regarder
Que vous étiez embarqués, décidés, engagés
Mais vous vous plaisez dans les postures
De la critique enragée
Z'avez vos codes, vos cafés
Port de docs exigé
Car vous avez abandonné
Oui vous avez abandonné
A te regarder on aurait pu croire
On aurait pu croire à te regarder
Que tu étais embarqué, décidé
Comme on dit engagé
Mais t'as connu les joies de la contre-culture
Et tu t'y tiens
C'est ta fonction, ta nature
Tu l'échangerais pour rien
Car tu as abandonné
Tu veux qu'j'te dise abandonné
A vous regarder on aurait pu croire
On aurait pu croire à te regarder
Que vous étiez embarqués, décidés, engagés
A vous croiser dans la rue on aurait pu
Se faire des idées sur vos idées
Sur votre capacité à échapper aux clichés
Vous êtes la norme inversée
La haine institutionnalisée
Signe distinctif : rebelle
Sur vos cartes d'identité
Car vous avez abandonné
Oui vous avez abandonné
Pourquoi avez-vous abandonné ?
Pourquoi m'avez-vous abandonné ?
18:55 Publié dans What's my punk ? | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note













