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16.08.2007

Mardi 16 août 1977 - Mort d'Elvis presley

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"No Elvis, Beatles or the Rolling Stones
In 1977"
The Clash

LE ROCK EST MORT, VIVE LE PUNK.
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05.08.2007

Vendredi 5/samedi 6 juillet 1977 - Deuxième festival punk de Mont-de-Marsan

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WHITE FLASH
ETE PUNK


Anarchy in Mont-de-Marsan
4000 personnes dans les arènes


Mont-de-Marsan

« In 1977, I hope to go to heaven/Cause I been too long on the dole/And I can’t work at all/Danger Stranger/You better paint your face/No Elvis, Beatles or the Rolling Stones/In 1977 » (The Clash).
« J’espère que tous les gosses qui auront vu Clash en concert, auront compris leur message. Nous devons agir MAINTENANT. 1977 est l’année du jubilé de la reine, faisons-en notre année, sortons, manifestons-nous et faisons quelque chose. Balançons ces épingles de nourrices stupides et pensons plutôt aux idées des gens plutôt qu’à leurs vêtements. La “scène”, ce n’est pas quelque chose à faire le soir. C’est la seule chose à l’heure actuelle qui soit honnête et à notre niveau ! Les Clash sont le plus important groupe de rock à l’heure actuelle. Je crois en eux complètement. Sortez et créez ! » (Mark P.,
Sniffin’Glue).
Le second festival punk de Mont-de-Marsan se termine. On ne s’attendait pas à tant de monde dans la capitale des Landes, le festival de l’année dernière ayant été un demi-échec, mais qui s’intéressait au punk en 76 ? Pour Mark Zermati et Skydog Records, c’était l’occasion de voir si les kids suivaient, et s’il y avait place en France pour un autre style de concert, basé sur une organisation souple mais aussi établissant un autre type de rapport entre les gens. Mark : « Skydog est une compagnie de disques indépendante, nous n’organisons pas des concerts pour gagner du fric, mais pour promouvoir la nouvelle musique que nous aimons, une musique radicale qui tourne délibérément le dos au show-biz et au système entier ! »

Un des meilleurs concerts de rock en France

Le festival a été un succès total : 4000 personnes présentes (les organisateurs n’en attendaient que 3000), tous les groupes annoncés étaient présents, malgré les assertions mensongères et ordurières d’Hervé Muhler, deux jours avant dans Le Matin de Paris. Avant de dire que les groupes ne sont pas sûrs de venir on s’informe, mais il y a bien longtemps qu’on ne vérifie plus l’information dans les journaux dits de gauche, type Le Matin.
L’atmosphère était nouvelle, et on craignait un peu le pire ; des bandes de Teddy Boys viendraient de Londres pour agresser les groupes, en fait tous les rockers présents étaient plutôt contents, il y a longtemps qu’il n’y avait pas eu un concert de rock aussi long et d’une aussi bonne qualité en France. On craignait aussi des provocations policières après les événements de Malville, les CRS stationnés dans le sud de la France auraient pu faire un détour par les Landes, mais rien de cela ; une petite ville calme avec des habitants sympathiques qui essayaient de tout faire pour que ça se passe de la façon la plus cool possible ; on installe des matelas dans les salons des hôtels pour accueillir des groupes supplémentaires, le café des Sports en face des arènes reste ouvert toute la nuit ; la bière y coule à flots et les Montois ne s’indignent pas quand ils voient tourner des joints. Beaucoup de hippies, de vacanciers, d’étudiants, de jeunes de la région, tous réunis pour une seule cause : le rock’n’roll, beaucoup de punks aussi ; une majorité même, venus de Londres, de Paris mais aussi de Suisse, d’Espagne, etc. Pour les Anglais, ce festival était une date importante, le gouvernement britannique ayant interdit tout rassemblement punk en Angleterre où le groupe leader, les Sex Pistols, est pratiquement hors la loi. Ils n’ont en effet plus le droit de donner des concerts publics, et sont interdits sur toutes les chaînes de radio et de TV. Je ne reviendrai pas sur l’habillement, les autres journaux en parlent assez ; blousons de cuir, pantalons de skaï aux couleurs électriques, tee-shirts déchirés et retenus par des fermetures Éclair ou des épingles de nourrice, ou recouverts de slogans provocateurs : « Everybody is a prostitute », « White Riot », « Sex Pistols », etc. badges, épingles de nourrice, lames de rasoir, croix de fer et têtes de mort, chaînes autour du cou retenues par un cadenas ou colliers de chien, etc. Tout ce qui se réfère à la légende du rock, des Hell’s Angels, etc.

De la New Wave au Southend Rock

Libération n’est pas un journal de musique, il n’y aura donc pas d’extases dithyrambiques sur le jeu de batterie de Rat Scabbies ou les solos de guitare de Dave Higgs, il faut noter cependant la qualité des groupes présents, aussi bien anglais que français. Deux jours assez différents : le premier consacré au punk proprement dit et à la New Wave, le second plus rock, boogie, groupes de pub rock ou de Southend Rock, mais en musique les catégories sont très mobiles.
Donc beaucoup de groupes français, presque autant que d’anglais prouvant qu’enfin il se passe quelque chose en France, une nouvelle scène émerge et veut se faire reconnaître par son public. Le concert débute avec Strychnine, un groupe de Hell’s Angels, puis « 1984 », issu de la fusion de Angel Face, Pain Head et Loose Heart. Patrick Eudeline et Asphalt Jungle, très inspiré par la New Wave et l’histoire du rock, dont le groupe commence à être bien en place, The Lou’s, groupe féminin parisien sont extrêmement efficaces, rock rapide, violent, sans concessions.
Du côté des Anglais, The Maniacs ont vraiment une allure bizarre : cheveux rasés à la Huron ou teints en jaune paille, avec à la guitare Henri-Paul, un jeune Français de dix-huit ans. « On se demande où il va chercher tout ça ! » The Police très au point aussi avec Stewart Copeland à la batterie et Henri Padovani, encore un Français qui a quitté Aix pour Londres, il y a plus de huit mois, et n’est jamais revenu.
The Boys, un gang de gosses qui en veulent, c’est un des seuls groupes de la New Wave à utiliser le piano. The Damned, Dave Vanian se jeta sur la scène, rugit tel un fauve et éructe « I’m Feelin’ Allright » des Stooges, « Neat, Neat, Neat », « Fan Club », « New Rose », « Help » des Beatles, « Fish », « Born To Kill », ils s’inspirent des Stooges, des Ramones pour créer une musique originale au comble de la violence ; « I’m a fallin’ Angel/Fallin’ down/Be a fallin’ Angel, come on round. Don’t be scared to follow, it’s no crime/You’re a fallin’ Angel, before your time ! » (« I Fall», The Damned).
La journée se terminera par The Clash, le seul groupe radical et politisé de la New Wave qui a déjà pris la tête du mouvement en Grande-Bretagne. Joe, Mick, Paul et Terry sont les Clash, Bernard est le manager, il y a deux roadies, c’est « The Clash Organization », sept personnes très liées, qui prêchent la violence et la révolution en armes. Derrière la scène, une immense photo : des flics anglais poursuivent des manifestants et au-dessus, bombé en rouge : « This is Joe Strummer public speaking ! », le message révolutionnaire de Joe Strummer, « White riot, I wanna riot/ White riot, a riot of me own/Black man have got a lotta problems/But they don’t care throwing a brick/But white man have got too much school/ Where they teach you how to be thick ! » (« White Riot », The Clash).
Le lendemain, il y aura Quidam, Brakamar (un groupe punk espagnol!), Fabienne et Shekin’Street, les Lou’s de nouveau, Tyla Gang, Little Bob Story, Eddie and the Hot Rods, Dr. Feelgood et Bijou, mais ceci est une autre histoire. (À suivre.)

De notre envoyé spécial aux arènes :
Alain « No Future » Pacadis

Libération, 11 août 1977.
(Nightclubbing, pp. 261-264)
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Eddie and the Hot Rods – Do Anything You Wanna Do

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Dr. Feelgood – Riot In Cell Block N° 9

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Bijou – C’est un animal

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The Clash – Complete Control


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