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30.05.2007
Mai 1977 - White Riot Tour

Je l’ai déjà dit : si 1976 était l’année des Sex Pistols, 1977 est clairement celle du Clash. Là où les Pistols ont échoué en décembre 76 avec la lamentable expérience de l’Anarchy Tour, le Clash va triompher au mois de mai suivant. Commencée au Civic Hall de Guilford le 1er mai et achevée au California Ballroom de Dunstable le 30, après vingt-neuf dates, la tournée White Riot va confirmer la position des Clash en tant que nouveau phénomène du punk. Il s’agit aussi de la première tournée importante avec Topper Headon à la batterie. Ils sont accompagnés sur la route par les Jam, les Buzzcocks, les Slits et Subway Sect.
« Malgré la manière dont la chose avait été conçue, - un esprit d’unité du punk -, les contradictions sont apparues dès le début de la tournée, quand les Jam sont partis après une dispute née du fait que les deux têtes d’affiche devaient donner de l’argent pour soutenir les autres. Les mecs sont devenus enragés pendant la tournée, comme ça a toujours lieu avec les groupes de rock - “On pouvait balancer des trucs partout, vider les extincteurs d’incendie”, dit Vic Godard – mais c’est les femmes qui ont foutu le vrai bordel. “Tous les matins”, raconte Viv Albertine, on devait soudoyer le chauffeur pour qu’il laisse monter les Slits dans son bus. Partout où on allait on devait presque nous attacher à nos sièges, à chaque hôtel, il fallait qu’on nous fasse rentrer en douce. On n’était pas des petites filles bien sages… Si on avait été des hommes, on aurait eu droit à : « Ooooh, ils sont géniaux tu sais, comme les Stones ou les Pistols”. Mais, comme on était des femmes, il y avait une atmosphère constante de sexualité. Il fallait graisser la patte au chauffeur, parce que sa sexualité était dérangée par l’image contradictoire de ces jolies filles aux chevelurs sauvagement emmêlées. La sexualité d’Ari, qui avait seulement quatorze ans et une jupe qui laissait voir ses fesses. Il devait trouver ça si menaçant et si excitant en même temps.”
C’était la première tournée des Slits, et, lors du premier concert à Edimbourg, ce fut la toute première fois qu’Albertine monta sur scène. “J’avais tant d’énergie que j’ai fini par jouer avec elles”, dit-elle, “mais quand j’ai posé le pied sur scène la première fois, je ne savais pas jouer. J’avais un sacré cran, mais il en faut une putain de dose pour faire ce genre de truc.” Pourtant, même cela était un atout pour les Slits, lorsque, face aux répercussions de l’émeute des Clash, elles jouèrent leur comédie du pouvoir féminin, un message martelé par le jeu de batterie cataclysmique de Palmolive.
Le “White Riot Tour” fut la première manifestation publique d’une vraie punkmania. “Les foules étaient facilement excitables”, dit Pete Shelley, “c’était du vandalisme de bon aloi. Ils auraient applaudi n’importe quoi”, dit Vic Godard, “n’importe qui pouvait faire n’importe quoi, ils devenaient fous. C’est quand tout allait de travers qu’ils nous aimaient le mieux, quand les amplis ne marchaient pas.” Cependant, les structures des salles de concert de l’époque n’étaient pas compatibles avec cette fureur déchaînée. Le punk avait beau avoir bon fond, il semblait terrifiant, et il en résulta de graves dommages pour des édifices construits pour des temps plus pondérés.
“Depuis le hall du Rainbow où je me tenais pendant les pauses entre les concerts”, se souvient John Ingham, “tout ce qu’on pouvait entendre, c’était le son des verres en plastique écrasée par les talons des gens : c’était le son du sulfate.” Alors que les Clash rugissaient sur “White Riot”, le public se précipita vers la scène et démolit les quelques premiers rangs de sièges, qui furent ensuite lancés sur le devant de la scène. Les gros titres qu’en faisait la presse leur assuraient la mise au ban définitive des conseils municipaux. »
(England’s dreaming, p. 384.)
Ce concert au Rainbow a lieu le 9 mai. Les Clash jouent après les Prefects, Subway Sect et les Buzzcocks ; les Jam concluent la soirée. Howard Devoto a quitté les Buzzcocks en février 1977, juste après la sortie de Spiral Scratch, Steve Diggle a troqué sa basse pour une guitare et c’est Garth qui est devenu bassiste.
Les Prefects se sont formés en février, autour des frères Apperley, Paul et Alan, auxquels s’ajoute Robert Lloyd qui avait suivi les Pistols durant l’Anarchy Tour. Ils ne sortiront aucun album durant leur courte existence, mais un 45 tours sera publié un an après leur séparation, alors que Lloyd jouera au sein des Nightingales. Ce 45 tours, « Going Through The Motions » / « Things In General », provient d’une John Peel Session de 78. Lloyd est au chant, Alan Apperley à la guitare, Paul Apperley à la batterie, Joe Motivator à la guitare rythmique et Ted Ward à la basse. Les Prefects assureront quatre dates du White Riot Tour.
Le 10 mai, Mick Jones, blessé à la main, doit annuler le concert du Town Hall de Kidderminster. Les Jam abandonnent la tournée, seuls les Buzzcocks, les Slits, Subway Sect et bien entendu les Clash achèveront cette tournée, le 30 mai, au California Ballroom de Dunstable.
The Prefects – Going Through The Motions

The Buzzcocks – No Reply

The Slits – Instant Hit

Subway Sect – Ambition

The Jam – I Got By In Time

The Clash – I’m So Bored With The U.S.A.

23:35 Publié dans Chronologie du désastre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : clash, jam, slits, subway sect, prefects, buzzcocks, white riot tour














Commentaires
encore merci pour ce post très intéressant.
Ecrit par : dr frankNfurter | 11.06.2007
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