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30.04.2007

Avril 1977 - Les Damned en tournée américaine avec les Dead Boys

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Damned

Après avoir été le premier groupe punk anglais à enregistrer un 45 tours, puis le premier à enregistrer un album, les Damned sont donc le premier groupe à partir jouer aux Etats-Unis. C’est le 8 avril qu’ils ont joué le premier de quatre soirs au CBGB. Ils faisaient deux sets par soir, en première partie des Dead Boys. Ils joueront ensuite quelques dates au Rat Club de Boston, au Starwood de Los Angeles et au Mabuhay Gardens de San Francisco. Les Damned étaient censés partager la scène du Whiskey A Go-Go avec Television, mais Tom Verlaine a refusé de jouer avec eux, l’image du punk anglais, teintée de violence et d’outrage, ayant d’ores et déjà traversé l’Atlantique.
Les Dead Boys viennent de Cleveland. Formés sur les cendres encore chaudes du groupe Rocket From The Tombs, le groupe est composé de Stiv Bators (Steve Bator) au chant, Cheetah Chrome (Gene O’Connor) et Jimmy Zero (William Wilden) aux guitares, Johnny Blitz (John Madansky) à la basse et Jeff Magnum (Jeff Halmagy) à la batterie. Leurs performances scéniques n’ont rien à envier à celles des Damned en ce qui concerne la provocation et le scandale, Stiv Bators n’hésitant pas à mimer une fellation, voire une pendaison, sur scène.
Pour trouver des enregistrements des Damned, j'invite le mélomane consciencieux à visiter les archives de ce blog, en allant voir notamment ici et .
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Dead Boys

The Dead Boys – All This And More

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The Dead Boys – I Need Lunch

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29.04.2007

Vendredi 29 avril 1977 - The Jam "In The City"/"Takin' My Love"

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Originaires de Woking, une banlieue prolétaire de Londres, Paul Weller et Steve Brooks se rencontrent en 1972. Quand ils décident de former The Jam, le groupe est d’abord un quatuor. Paul Weller est au chant et à la guitare rythmique, Steve Brooks à la guitare, Bruce Foxton à la basse et Rick Buckler à la batterie. À l’origine, ils interprètent surtout les standards du rock’n’roll, à la manière de Chuck Berry ou Little Richard. Puis Paul Weller découvre les Who et le phénomène mod, qui l’influencent énormément.
Steve Brooks quitte le groupe, qui devient un trio. Le claviériste Bob Gray viendra un temps leur prêter main forte avant de partir s’installer au Canada en 1976. Les mélodies des trois vétérans se recentrent donc sur la guitare de Weller et la basse de Foxton, dans un style rageur et énergique assez proche de celui de Pete Townshend. En 1976, la découverte des Sex Pistols est une deuxième révélation pour Weller. A partir de cet instant, le groupe trouvera ses influences aussi bien dans le punk-rock que dans le rock des années 60, celui des Kinks ou des Small Faces, ou que dans le Rythm and Blues et la Soul. Cette mixité, d’ailleurs, leur vaudra d’être souvent méprisés par l’« élite » punk, le mouvement tendant à se radicaliser au cours de l’année 77.
Cette radicalisation de la vague punk londonienne, a pour principal aspect, paradoxalement, d’oublier l’idée qui était à l’origine du mouvement, à savoir retrouver l’impulsion originelle du rock’n’roll, celle de Chuck Berry, alliée à la noirceur et à l’urgence du blues, en réaction au rock progressif et au jazz-rock – pour ne plus conserver que l’aspect social, politique, de la musique, et son esthétique outrageuse, violente et sordide. Peu à peu, le personnage de Sid Vicious va devenir l’emblème du punk-rock, et il sera de plus en plus difficile pour les groupes de se reconnaître des influences musicales variées. En voulant se donner l’air de faire table rase du passé, le punk-rock s’appauvrit considérablement et tourne au cliché facile et à la mode forcément éphémère : 1977, c’est déjà le début de la fin…
Début 1977, les Jam signent un contrat avec Polydor, qui sortira en mai leur premier album, In The City. Le 29 avril paraît leur premier single, « In The City »/« Takin’ My Love », très représentatif de leur style. Le rythme est incisif, puissant, survolté, les paroles de la première face sont dans le ton de la révolte urbaine façon Clash, tandis que la deuxième face est une déclaration d’amour virile et rock’n’roll plutôt classique, transcendée par la basse de Foxton et la voix de Weller.
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The Jam – In The City

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The Jam – Takin’ My Love


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In the City
In the city there’s a thousand things I want to say to you
But whenever I approach you, you make me look a fool
I wanna say, I wanna tell you
About the young ideas
But you turn them into fears

In the city there’s a thousand faces all shining bright
And those golden faces are under 25
They wanna say, they wanna tell ya
About the young idea
You better listen now you’ve said your bit-a

And I know what you’re thinking
You still think I am crap
But you’d better listen man
Because the kids know where it’s at

In the city there’s a thousand men in uniforms
And I’ve heard they now have the right to kill a man
We wanna say, we gonna tell ya
About the young idea
And if it don’t work, at least we still tried

In the city, in the city
In the city, in the city
In the city there’s a thousand things I want to say to you

22.04.2007

Vendredi 22 avril 1977 - The Adverts "One Chord Wonders"/"Quickstep"

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Les Adverts font partie de ces groupes nés à la fin de l’année 76 dans le sillage des Sex Pistols. Formés par deux étudiants en art de Torquay, Tim Smith, alias TV Smith, chanteur tout en nerfs, et Gaye Atlas, alias Gaye Advert, bassiste sexy et statique, les yeux noircis de khôl, auxquels viendront s’ajouter Howard Pickup à la guitare et Laurie Driver à la batterie, les Adverts ont vite émigré à Londres pour se retrouver au cœur de la scène punk.

“Il n’y avait aucune raison obscure à l’origine du choix du nom ‘Adverts’ (la pub), déclare Smith, ça semblait être quelque chose de parlant pour tout le monde, c’était ironique. On a failli s’appeler les ‘One Chord Wonders’ (les merveilles à un accord). J’ai travaillé très dur sur les textes et je conjurais les démons à chaque fois que je montais sur scène. Les démons qu’on exorcisait étaient ceux qui vous habitent et qui gagnent tout autour de vous l’atmosphère politique, l’atmosphère sociale, ceux qui luttent même avec votre propre personnalité.” (Cité dans England’s dreaming, p. 337)

Après le scandale du « Bill Grundy Show » et ses retombées, le punk-rock tend à devenir un style, une mode, avec ce que cela comporte de clichés. Par leurs textes écrits sur le vif, par l’urgence avec laquelle ils montent sur scène et entrent en studio, les Adverts offrent un brillant exemple de l’authenticité punk. « One Chord Wonders » ne parle que de ça, de ce que ça signifie d’appartenir à un mouvement musical naissant, et de monter sur scène devant un public hostile, avec ses maladresses et ses ambitions (rien d'étonnant donc à ce qu'un blog consacré à l'histoire du punk ait choisi d'utiliser ce titre !). « Je me demande ce qu’on répondra quand vous direz / On ne veut pas de vous, allez au diable / Revenez quand vous aurez appris à jouer ! (…) Je me demande ce qu’on fera quand les choses tourneront mal / Quand on arrive au milieu de notre chanson préférée / On jette un coup d’œil mais le public est parti / Nous sentirons-nous un petit peu obscurs / Pensant : on n’a pas besoin de nous ici / On doit être la nouvelle vague, ils nous aimeront l’année prochaine… » Quant à « Quickstep », la face B de ce premier 45 tours, elle réaffirme le credo du punk : tu sors de l’adolescence et tu ne sais pas quoi faire de ta vie – prends une guitare et monte un groupe de rock.
« One Chord Wonders » sort chez Stiff Records le 22 avril 1977. C’est après leur deuxième concert au Roxy, le 28 février 1977, que les Adverts rencontrent leur manager, Michael Dempsey, ainsi que Jake Riviera, de Stiff Records, qui leur aurait dit : « Signez avec moi et je ferai de vous des pauvres. » “Et tu sais quoi ? C’est exactement ce qu’il a fait. C’était si facile d’avoir un contrat qu’on s’est presque rendu compte de rien.” (England’s dreaming, p. 345)
Les deux titres ont été enregistrés rapidement, il y a eu peu de prises, à tel point qu’à la fin de « Quickstep », on peut entendre Laurie Driver se plaindre que sa cymbale vient de tomber.
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The Adverts – One Chord Wonders

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The Adverts - Quickstep


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One Chord Wonders
I wonder what we’ll play for you tonight
Something heavy or something light
Something to set your soul alight
I wonder how we’ll answer when you say
“We don’t like you – go away
Come back when you’ve learned to play”

I wonder what we’ll do when things go wrong
When we’re half-way through our favourite song
We look up and the audience has gone
Will we feel a little bit obscure?
Think “we’re not needed here
We must be new wave – they’ll like us next year”

The wonders don’t care – we don’t give a damn…

Quickstep

I knew my youth couldn’t last forever
I knew some chords so I got the band together
Sick of sleeping and beating up my mother
Forget those luxuries, I’ve got myself another buzz

Now you don’t see me, now you do
Pretty soon now you’re going to see what punks can do

I stole some tunes from the radio
I lost my nerve but it didn’t show
I found some friends with a little faith,
Less money and no taste

Now you don’t see me, now you do
Pretty soon now you’re going to see what punks can do

But you’ve got to work at it, what a drag
You’ve got to work, work, work
You can’t lag behind, lag behind

I want to get this gig over
And I don’t want to see it again
But I don’t want to go until it’s over
And I don’t want to die in pain, die in pain

I know my youth can’t last forever
I’ll sing the words until I can’t keep the band together no more
Oh, to do the quickstep on a Saturday night
And hunt like a brave man with a flashlight

Now you don’t see me, now you do
Pretty soon now you’re going to see what punks can do

18.04.2007

Alain Kan et Gazoline

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Alain Kan restera dans l’histoire comme étant le premier punk français. Né le 14 septembre 1944 à Paris, son idole de jeunesse est Gilbert Bécaud. Très vite, le petit Alain veut devenir chanteur. Il quitte le collège en quatrième et ses parents lui paient des cours de chant avec Tosca Marmor, qui fut le professeur de Dalida, Sylvie Vartan, Nino Ferrer ou Mouloudji. Son premier 45 tours (« Si l’amour »/ « Quand tu reviendras ») sort au début de l’année 63 chez Pathé-Marconi. À cette époque, son directeur artistique lui ouvre les portes de la variété française. Trois autres super-45 tours sortiront chez Decca entre février et novembre 64. Douze titres en tout, parmi lesquels l’adaptation de « Every Day » de Paul Anka, devenu « Tu le sais », et surtout quelques compositions, fait exceptionnel à cette époque.
Le service militaire met un terme à cette première expérience dans la chanson française. À son retour, fin 66, le paysage audiovisuel français a profondément changé, avec l’arrivée d’Antoine, de Dutronc et de Polnareff. Alain Kan comprend qu’il sera difficile de renouer avec la variété, et travaille un moment dans la maroquinerie familiale. La chanteuse Dani lui permettra de prendre un nouveau départ en l’emmenant à l’Alcazar, le cabaret que Jean-Marie Rivière est en train de monter rue Mazarine. En guise d’audition, il fait ses débuts dans la revue le soir-même, avant d’en faire une autre qui durera près de deux ans et à laquelle participeront Gainsbourg et Jean-Jacques Debout. Alain interprète Amédée Jr dans un intermède comique, « Amédée (ou l’histoire de son grand frère) », chantant à la manière de Maurice Chevalier des histoires d’amours homosexuelles pendant que les danseuses se changent. Il gardera longtemps ce goût pour l’ambiguïté sexuelle, travaillant avec soin sa silhouette androgyne.
Ce numéro de music-hall ouvre de nombreuses portes à Alain Kan. Francis Dreyfus, le gérant des éditions musicales Labrador, vient de lancer le label indépendant Motors avec Thierry Vincent, Alain Bashung et Christophe. Ce dernier vient de faire coup double avec « Aline » et « Les Marionnettes », et il deviendra le beau-frère d’Alain Kan en épousant sa sœur Véronique. Kan délaisse alors l’Alcazar, et c’est en septembre 1971 que sort son premier 45 tours édité chez Motors, « Pauv’pomme »/ « Incursion dans ma nuit ». Ce simple est réalisé par Jean-Claude Vannier et Christophe, les paroles sont de Gilles Thibaut. Un deuxième 45 tours suivra, « Je n’ai plus envie sans toi »/« Comme une flèche empoisonnée », mais le succès n’est pas au rendez-vous.
Pourtant, la firme Vogue le remarque, son patron Léon Cabat est un ami, et il sortira encore trois 45 tours avec elle. Le premier, « Au pays de Pierrot »/« Pour l’amour » passe inaperçu. Le deuxième, « 55-60 (Dès que vient le samedi soir) »/« Comme dans les romans » “qui donne dans le néotwist aussi débile qu’irrésistible” d’après Christian Eudeline (Nos Années punk, p. 317), est sélectionné pour la Rose d’or d’Antibes 73, et Alain Kan remportera le prix. Le dernier 45 tours Vogue « Star ou rien »/« La vie en mars » (reprise du « Life On Mars » de Bowie), pose les base du rock glitter en France.
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A la fin de l’année 74, Alain Kan enregistre son premier album avec Laurent Thibaut (ex-Magma) au studio d’Hérouville. Et Gary Cooper s’éloigna dans le désert… est commercialisé au printemps 1975 et précédé du 45 tours « City palace »/« Nadine, Jimmy et moi ». Le son est rock, l’album comporte neuf titres et se rapproche un peu de ce que fait Higelin à la même époque, les textes mettent en valeur l’errance, la vie nocturne, les plaisirs de la chair, l’alcool ou le suicide. La chanson « Pas si facile l’ami », qui clot la première face, est une adaptation de « It Ain’t Easy » de Bowie. L’album s’achève sur une reprise de « Falling In Love Again », immortalisé par Marlène Dietrich dans L’Ange bleu, et « dédiée à l’Alcazar de J.M. Rivière ».
Et Gary Cooper s’éloigna dans le désert… restera un disque confidentiel. Alain Kan, qui vient du music hall et de la variété, n’a pas une image de rocker, et par ailleurs ses textes sont trop provocateurs pour qu’il puisse encore passer dans les médias. Il viendra tout de même interpréter « Falling In Love Again » dans l’émission « Top à Jacques Chazot ».
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Heureusement en France on ne se drogue pas, son deuxième 33 tours, sort au début de l’année 76. Humour noir et grinçant, cris hystériques, apologie de la drogue et des plaisirs interdits, le disque s’achève à l’asile psychiatrique avec la reprise de Piaf, « Les blouses blanches ». Evidemment, le disque, avec sa pochette où le teint verdâtre de Kan illustre on ne peut mieux le propos, son titre, ses chansons scandaleuses (l’une d’elles, « Speed My Speed », n’est composée que de noms de médicaments et de drogues), est interdit d’antenne, interdit de publicité, retiré des vitrines des disquaires.

En 1977, Alain Kan décide de former un groupe punk. « Le seul membre stable de Gazoline est Alain Kan qui officie au chant. La première formation comprend dans ses rangs : Pierre-Jean Cayatte (basse), Grand Did’ alias Didier Laffont (batterie), Olivier Burger (guitare) ; la deuxième voit les arrivées successives d’André Asse (batterie) et de Franck (basse) ; pour les suivantes, il n’y a guère qu’Hugues Chichin (batterie) qui joue régulièrement, Gilles Dieu puis Jean-Robert (d’Extraballe) seront tour à tour bassiste, tandis que Steve-Henri Peeters, Fred Chichin et Patrice s’occuperont de la guitare, Laure et Roger Rogers (d’Au bonheur des dames) joueront occasionnellement de leur saxophone. » (Christian Eudeline, Nos Années punk, p. 313) Un premier 45 tours, « Sally »/« Electric Injection », sort à l’automne 77 sur une filiale de Barclay, Egg. Sur la pochette, il a invité Marie-France, qu’il a connue à l’Alcazar et à l’Ange Bleu, à poser avec le groupe.
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« Ils viennent de sortir leur premier disque. Il s’agit là, disent-ils, d’une injection d’images qui se bousculent, d’un cri électrique, d’un rêve de vinyle. Et le disque, d’après eux, suggère plus encore : décors baroques, rêves obscurs, cuir/cravache, la violence faisant le tapin dans la rue, corps à vendre, culs à prendre, fascination, masturbation, lunettes noires, pute, pied, perversion des travelos, poudre, vitriol, mec qui cherche une falaise pour jouer les James Dean. Contradiction. Remise en doute. Exaltation du doute… » (In n° 29, octobre-novembre 1977).
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Le deuxième simple, « Killer Man »/« Radio flic », sort en décembre 77, sous le nom de Gasoline. Les influences sont toujours à chercher du côté de Bowie, mais aussi du Velvet Underground, des New York Dolls et de Roxy Music. Le groupe joue au Gibus, ainsi qu’à l’Elysée-Montmartre le 26 décembre 77, mais ce soir-là, Pierre-Jean Cayatte est absent, trop défoncé pour jouer, et le groupe doit improviser avec un nouveau bassiste sur place. Déjà le 8 décembre, ils devaient jouer en première partie des Heartbreakers au Bataclan mais c’est Guilty Razors qui prendra leur place. A partir de ce moment-là, les dirigeants de Barclay s’interrogent sur la viabilité de Gazoline, ce qui amènera le groupe à se séparer en février 78.
Gazoline renaît ensuite de ses cendres avec les frères Chichin. Du 18 au 22 avril 78, ils jouent à résidence au Gibus Club, puis ils participeront à la nuit punk de l’Olympia, le 10 juillet 78. Un troisième 45 tours est prévu, mais entre-temps, Alain Kan signe avec Polydor et reprend sa carrière solo.
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L’album What Ever Happened To Alain Z. Kan est commercialisé le 5 novembre 1979. Kan s’est entouré pour le réaliser de la première formation de Gazoline : Olivier Burger aux guitares, Pierre-Jean Cayatte à la basse, Didier Laffont à la batterie – auxquels s’ajoutent Robi Finkel aux claviers et Bruce Grant au saxophone.

Alain Kan : « Toutes les références qui apparaissent dans cet album, c’est ma vie. Marlene, pour moi, c’est le plus grand travelo du monde. Le rock actuel est trop lycéen ou trop hard, il n’y a plus de subtilité, tout est bien propre, les gens n’osent plus faire des choses un peu bizarres. La presse rock a flippé sur le fait que j’étais plus ou moins gigolo et ce d’une manière ouverte. Maintenant le nouveau disque passe mieux. Suite à un passage à Loup-Garou (sur France Inter), j’ai fait une conférence de presse à l’hôpital Marmottan. Tout leur semblait naturel, la drogue comme les pédés… » (Le Gai Pied, janvier 1980).

Encore une fois, le succès sera repoussé à une date ultérieure : dans la chanson « Devine qui vient dîner ? », Alain Kan imagine un repas convivial avec Adolf Hitler. Du jour au lendemain, le disque est retiré du commerce et pilonné.
Le 1er mars 1980, un concert est prévu à la MJC de Cluses, mais le groupe se sépare de nouveau au dernier moment. A partir de ce moment, Alain Kan met de côté ses activités musicales, tout en continuant à écrire des textes pour Christophe et pour Jennifer, ex reine du disco et future épouse de Gérard Lanvin. En mai 86, il sort chez New Rose un quatrième et dernier album, Parfums de nuit, avec Laurent Sinclair (ex-Taxi Girl), Plume (ex-Lili Drop), Wham Dam (qui a joué aux côtés d’Iggy Pop et de Bowie), Boris et Toxedo (ex-Sapho) et Richard Kolinka (ex-Téléphone).
Le 14 avril 1990, Alain Kan attend son métro sur le quai de la station Châtelet… et c’est ici qu’on perd sa trace. Il a disparu, il s’est volatilisé, ni sa sœur Véronique ni son beau-frère Christophe ne savent ce qu’il est devenu. What ever happened to Alain Z. Kan ?

Alain Kan – Hollywood Suicide (1975)

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Alain Kan – Heureusement en France on ne se drogue pas (1976)

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Alain Kan – Ma solitude (1976)

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Alain Kan – Devine qui vient dîner ? (1979)


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P.S. Aujourd'hui, Sony/BMG et les Disques Dreyfus rééditent enfin les trois premiers albums mythiques d'Alain Kan en un coffret. Ce blog n'a pas pour vocation de faire de la publicité, mais c'est l'occasion ou jamais de (re)découvrir ce dandy destroy...

08.04.2007

Vendredi 8 avril 1977 - Sortie du premier album du Clash

(Columbia)

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1. Janie Jones
2. Remote Control
3. I’m So Bored With The U.S.A.
4. White Riot
5. Hate & War
6. What’s My Name
7. Deny
8. London’s Burning
9. Career Opportunities
10. Cheat
11. Protex Blue
12. Police & Thieves
13. 48 Hours
14. Garageland


Le premier album du Clash aura donc largement précédé le premier album des Sex Pistols. La photo de couverture, signée Kate Simon, montre les trois membres du groupe (Terry Chimes vient tout juste de quitter le groupe et d’être remplacé par Topper Headon – au dos de la pochette, son nom est devenu Tory Crimes) en contre-plongée, le regard féroce. Au verso, une photo de Rocco Macauley, prise à l’époque des émeutes de Notting Hill. Ces quatorzes titres réaffirment l’engagement idéologique du Clash : stigmatisation du monde ouvrier, appels à la révolte, description d’un monde où règne la surveillance, la police, où le travail garantit le contrôle de l’individu…

The Clash – Janie Jones

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The Clash - Career Opportunities

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The Clash - Garageland


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03.04.2007

Dimanche 3 avril 1977 - Sex Pistols et The Slits au Screen On The Green

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Alors que Malcolm McLaren se démène pour trouver un contrat à ses garçons turbulents et se heurte à toutes les portes closes de l’industrie du disque, un showcase est organisé au cinéma Screen On The Green le 3 avril. Dans son journal de l’époque, repris dans England’s Dreaming, Jon Savage évoque ce concert.

9.4.77 : Il faut reconnaître que Malcolm McLaren a une intelligence aiguë des médias alliée à un talent inné pour la comédie. Il peut maintenant avoir son gâteau et le manger – le tapage médiatique autour des Pistols est tel que les gens sont prêts à avaler n’importe quoi. Il y a toujours deux ou trois explications pour chaque événement donné ou coup mis en place.
Après une attente plutôt longue, un public de 350 personnes entre pour regarder un collage vidéo fait maison des événements autour des Pistols. C’est dérangeant, cheap et déplaisant : la vue de Rotten remplissant l’écran donne le frisson (quelqu’un a regardé Privilège). La boutique de McLaren est mise sous les projecteurs, les médias de base sont ridicules, les figures de pacotille habituelles sont là pour être sifflées. C’est nous et eux.
Encore plus d’attente, de frustration et d’ennui. Une bonne ambiance pour que les Sex Pistols puissent opérer. Ils ont progressé, même si les morceaux n’ont pas changé – onze chansons plus deux rappels, les seuls morceaux à peu près nouveaux étant “EMI” et “God Save the Queen”. En fait, ils semblent gelés dans le temps… mais maintenant, pour le public, les considérations musicales et stylistiques ne sont plus de mise. Les Pistols sont devenus des symboles, leurs chansons des hymnes, hors de portée de la critique. Les voir est suffisant.

(England’s dreaming, pp. 391-392)

Les Sex Pistols sont accompagnés des Slits, qui jouent ce soir leur troisième concert. Les Slits sont le premier groupe punk entièrement féminin. Il s’est formé au cours de l’année 1976 avec Arianna Forster, dite Ari Up, quatorze ans, au chant, Paloma Romero dite Palm Olive à la batterie, Kate Korris (ex-Castrators) à la guitare et Suzi Gutsy à la basse. Kate quitte assez vite le groupe pour former les Mo-dettes et Suzi pour rejoindre les Flicks. Elles seront remplacées par Viv Albertine (guitare) et Tessa Pollitt (ex-Castrators, basse).
Viv Albertine et Palm Olive ont joué un temps avec les Flowers Of Romance, aux côtés de Sid Vicious, qui aurait décidé de les virer pour manque de talent.
Leur premier concert a eu lieu le 11 mars à Harlesden. Leur son est constitué de guitares sur-amplifiées et d’une batterie au son très métal, sur quoi vient se greffer la voix écorchée d’Ari. Leurs influences sont rock mais aussi très clairement reggae.
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The Slits – So Tough

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The Slits – Shoplifting

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The Slits – Typical Girls


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02.04.2007

Samedi 2 avril 1977 - X-Ray Spex au Roxy

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A quelques mètres de la boutique Sex, sur King’s Road, se tenait Beaufort Market, sorte de labyrinthe abritant plusieurs étals de fringues et de gadgets, fourre-tout sans nom où venaient fouiner quelques punks en quête de marchandise toc. Parmi ces étals, il y en avait un, tenu par une adolescente métisse portant un appareil dentaire, Marion Elliot. Fille d’un père somali et d’une mère anglaise, elle a quitté l’école à quinze ans pour travailler dans la mode avant de partir vivre l’aventure hippie. A dix-huit ans, en mai 1976, elle sort un premier 45 tours sous le nom de Mari Elliott (« Silly Billy »/ « What A Way »). A Beaufort Market, Marion Elliot propose des vêtements de récupération des années 60, des accessoires fluo, tape-à-l’œil. Son grand truc, c’est de prendre un sac plastique, de coller dessus des fleurs en plastiques et d’autres objets ringards, et de s’en vêtir. Le jour de ses dix-neuf ans, le 3 juillet 1976, elle voit jouer les Sex Pistols au Pier Pavilion de Hastings, et ce concert la marque profondément. Quelques jours plus tard, elle passe une annonce dans le Melody Maker : « Cherche jeunes punks pour se rassembler ».

“Et puis ils sont arrivés. J’écrivais de nouvelles chansons chaque semaine sur ce que je voyais autour de moi, pour que ce soit historique. Certaines chansons sont hors du temps : elles peuvent s’appliquer à n’importe quelle génération. J’essayais de tenir un journal de 1977 : je voulais écrire sur les expériences quotidiennes.
“Mon truc, c’était plus le consumérisme, le mode de vie plastique, artificiel. Justement parce que j’avais fait tout ce chemin, voyagé et vécu en harmonie avec la nature. Il y avait tellement de bric-à-brac à l’époque. L’idée, c’était de foutre tout ça en l’air. De hurler : ‘Regarde, c’est ce que tu m’as fait, tu m’as transformée en un morceau de polystyrène expansé, je suis ton produit. Et c’est ce que tu as créé : est-ce que tu l’aimes ?’
“Une des premières chansons qu’on a faites était ‘Oh Bondage ! Up Yours !’ C’était sur le fait d’être esclave de la vie matérielle. En d’autres termes, c’était un appel à la libération. Ça disait: ‘Esclavage? – oublie ça ! Je ne vais pas me laisser entraver par les lois du consumérisme ou par mes propres sens.’”
(Cité dans England’s Dreaming, pp. 373-374)

C’est aux alentours de Noël 1976 que Marion Elliot prend le pseudonyme de Poly Styrene. Le groupe X-Ray Spex se forme en janvier 1977, avec Paul Dean à la basse, Jack Stafford, dit Airport à la guitare, B.P. Hurding à la batterie et Susan Whitby, dite Laura Logic, âgée de seize ans, au saxophone. Cette dernière sera bientôt remplacée par Rudi Thompson. Ils jouent pour la première fois sur scène le 11 mars au Roxy et prennent résidence dans un pub de King’s Road, The Man In The Moon.
Trois concerts plus tard, X-Ray Spex laissera déjà deux titres sur l’album live de EMI, The Roxy London WC2. Ces titres ont été enregistrés au Roxy le 2 avril, avec Laura Logic au saxophone. Il n’était pas encore naturel, même chez les punks, d’aller voir un groupe mené par une femme – et encore moins un groupe accompagné d’une saxophoniste. Le saxo dans un groupe punk, ça faisait encore un peu tache. Pourtant, les envolées de l’instrument se marient extrêmement bien avec la voix criarde, très haut perchée de Poly Styrene.
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X-Ray Spex – Oh ! Bondage, Up Yours ! (live au Roxy, 2 avril 77)

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X-Ray Spex – Identity (live au Roxy, 2 avril 77)

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X-Ray Spex – Let’s Submerge (live au Roxy, 2 avril 77)

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