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21.03.2007

Lundi 21 mars 1977 - Sex Pistols au Notre Dame Hall

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C’est au Notre Dame Hall de Londres que Sid Vicious donnera son premier concert au sein des Sex Pistols. Après la rupture du contrat avec A&M, McLaren et la société Glitterbest voulaient donner un concert pour Tony Potter, de NBC News, qui tournait un documentaire sur le groupe. Les autorités catholiques acceptèrent que les Sex Pistols jouent, à condition que les places soient limitées à cinquante personnes. Dehors, au moins cinq cents personnes attendaient, finalement ils en feront rentrer à peu près 150. Derrière sa basse, Sid palliait ses lacunes en musique grâce à son comportement agressif, brutal, qui fera sa légende. En réalité, dans les conflits, Sid était plutôt du genre à laisser tomber quand le type en face de lui paraissait un peu imposant, mais il traîne encore une belle série de casseroles dûes à des rixes dans les concerts, à l’époque où il jouait dans les Flowers of Romance et où il traînait dans les concerts des Pistols en tant que fan (il s’en est pris à Nick Kent du New Musical Express, il a failli crever l’œil d’une fille en éclatant un verre, etc.), et son attitude violente allait avec sa consommation abusive d’héroïne et ses auto-mutilations. Sid Vicious était le parfait anti-héros qui convenait à cette génération du refus et de l’outrage…
Le lendemain du concert, le groupe part pour Jersey.

Sid Vicious – Belsen Was A Gas (Electric Ballroom, 1978)

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18.03.2007

Vendredi 18 mars 1977 - The Clash "White Riot/1977"

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Le 25 février 1977, les Clash signaient avec CBS, pour une avance de 100 000 livres. Oui, je le reconnais, j’ai laissé passer quelques dates comme ça que j’aurais dû honorer, mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours être au top non plus. Le 11 mars, ils fêtaient cette signature dans un cinéma de kung-fu, le Roxy, à Harlesden, avec pour première partie, les Slits qui faisaient leur tout premier concert, et Subway Sect – et là, oui, je le reconnais, j’aurais dû en parler aussi, je ne suis qu’une merde, crachez-moi dessus. Je vous parlerai des Slits bientôt, promis.
Une semaine plus tard, le premier 45 tours des Clash est dans les bacs. « White Riot » a été écrite après les événements du carnaval de Notting Hill en août 1976. Ce carnaval est traditionnellement l’une des rares occasions pour les Noirs d’Angleterre de faire la fête sans ressentir d’hostilité autour d’eux. Mais cette année, la police avait augmenté ses effectifs, passant de 200 hommes en 75 à 1600. Le 30 août 1976, l’arrestation d’un Noir a mis le feu aux poudres et une violente émeute s’est engagée, se soldant par 456 blessés et 60 arrestations. Avec « White Riot », Joe Strummer rêve au jour où les Blancs oseront, comme les Noirs, se révolter.
Dans England’s Dreaming, Jon Savage a repris quelques pages de son journal intime de l’époque, et parle ainsi du jour où il a entendu « White Riot » pour la première fois :

30.10.76 : Je vais voir mon premier vrai groupe punk. Je sais comment ça va être : J’ai attendu des années, et surtout cette année : quelque chose qui correspond aux explosions qui sont dans ma tête. Le groupe s’appelle les Clash ; tous ceux à qui j’en parle disent qu’ils sont les meilleurs.
Dans une salle victorienne, à moitié vide, avec des gens en bandes. Hostile, mal à l’aise. Soudain, quatre hommes avec des cheveux coupés à la serpe arrivent sur scène, aboient dans un micro, commencent à faire un bruit industriel. Le bruit se fond dans la vitesse en un chaos parfait. Une chanson : un cri authentique, un enfant hurlant de peur : “Waa waa wanna waa waa.” En dix secondes je suis transpercé, en trente, changé pour toujours.

(England’s dreaming, p. 270)

« 1977 », c’est évidemment l’un des morceaux emblématiques sur la génération punk au moment même de son explosion. « White Riot » s’ouvre sur des sirènes de police, l’hymne est ponctué du fracas de verres brisés et de hurlements. La première face dure à peine deux minutes, la deuxième une minute quarante. Sur la pochette, les Clash sont face à un mur comme lors d’une arrestation et des slogans sont écrits à la peinture sur leurs vêtements : outre les titres des deux chansons, ont peut lire « Sten Guns in Knight’s Bridge », « Heavy Manners » et « Heavy Duty Discipline », hommage des punks au reggae et aux Jamaïcains, notamment à Prince Far-I.
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White Riot
White riot – I wanna riot
White riot – a riot of my own
White riot – I wanna riot
White riot – a riot of my own

Black people gotta lotta problems
But they don’t mind throwing a brick
White people go to school
Where they teach you how to be thick

An’ everybody’s doing
Just what they’re told to
An’ nobody wants
To go to jail!

White riot – I wanna riot
White riot – a riot of my own
White riot – I wanna riot
White riot – a riot of my own

All the power’s in the hands
Of people rich enough to buy it
While we walk the street
Too chicken to even try it

Everybody’s doing
Just what they’re told to
Nobody wants
To go to jail!

White riot – I wanna riot
White riot – a riot of my own
White riot – I wanna riot
White riot – a riot of my own

Are you taking over
Or are you taking orders?
Are you going backwards
Or are you going forwards?

White riot – I wanna riot
White riot – a riot of my own
White riot – I wanna riot
White riot – a riot of my own


1977
In 1977
I hope I go to heaven
‘Cos I’ve been too long on the dole
And I can’t work at all

Danger stranger
You better paint your face
No Elvis, Beatles or the Rolling Stones

In 1977
Knives in West 11
Ain’t so lucky to be rich
Sten guns in Knightsbridge

Danger stranger
You better paint your face
No Elvis, Beatles or the Rolling Stones
In 1977

In 1977
You’re on the never never
You think it can’t go on forever
But the papers say it’s better
I don’t care ‘cos I’m not all there
No Elvis, Beatles or the Rolling Stones

In 1977
Sod the Jubilee
In 1978
In 1979
Stayed in bed
In 1980
In 1981
The toilet don’t work
In 1982
In 1983
Here come the police
In 1984

The Clash - White Riot


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16.03.2007

Mercredi 16 mars 1977 - Rupture du contrat avec A&M

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Le lendemain de la signature du contrat avec A&M, alors que le mixage du single est malgré tout envoyé à la presse, Rotten est convoqué au tribunal et condamné à 40 livres d’amende pour possession de sulfate d’amphétamine. Et le soir même, une petite virée de Johnny Rotten avec Jah Wobble tourne aux menaces physiques envers le présentateur du Old Grey Whistle Test, Bob Harris.
Tout cela, c’est trop pour Derek Green, qui prend soudain conscience qu’au lieu d’un groupe de rock, c’est une bande de voyous incontrôlables et violents qu’il a signée. C’est lui qui avait insisté pour que les Sex Pistols rejoignent A&M, et c’est lui qui fait machine arrière, expliquant toute l’histoire à ses supérieurs. Ces derniers lui confirment qu’ils le soutiennent dans son désir de se débarrasser des Pistols. Les 25 000 exemplaires du single « God Save The Queen » sont déjà sous presse quand Derek Green rend son verdict : « Il n’y a plus aucune association entre A&M Records et les Sex Pistols. La production de leur single ‘God Save the Queen’, qui avait été prévue et planifiée pour une sortie au courant du mois, a été interrompue. » (Cité dans England’s dreaming, p. 368) Le 16 mars, à 14 heures, Derek Green expose sa décision à Malcolm McLaren et Stephen Fischer, en présence des avocats de A&M. La nouvelle doit être annoncée à la presse le soir-même, il faut donc trouver un accord rapidement. Les Sex Pistols toucheront donc 25 000 livres, ce qui, ajouté à leur première avance, leur aura permis de gagner 75 000 livres en une semaine. A&M détruira la quasi-totalité des 25 000 disques tout frais sortis du pressage, ainsi que les masters métal.

11.03.2007

Vendredi 11 mai 1977 - Starshooter au Golf Drouot

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C’est le 18 septembre 1970, jour de la mort de Jimi Hendrix, que Hervé Despesse, alias Kent Hutchinson Cokenstock, et Jean Clerc, alias Jello, se rencontrent en classe de quatrième, à Lyon. Comme ils s’ennuient ferme, ils se tournent vers la musique, bientôt rejoints par un troisième larron, Phil Danière, alias Phil Pressing, qui se mettra derrière la batterie.

KENT : Le lycée Saint-Exupéry est une véritable mine, il s’y passe énormément de choses puisque c’est entre ces murs que va naître toute la scène lyonnaise : Marie et les Garçons, Electric Callas et Starshooter. Avec Jello et Phil, on sympathise, nous savions instinctivement que nous allions bien nous entendre. On commence à acheter des amplis alors que l’on a encore que des barils de lessive en guise de batterie. Pour faire illusion, on scotche des micros de téléphone à nos guitares espagnoles. C’est à partir du lycée que ça devient mieux, parce que comme on a seize ans et que l’on peut bosser, on gagne du fric que l’on réinvestit immédiatement dans du matériel.
(Nos années punk, p. 228)

Aussi influencés à leurs débuts par les Stooges que par le rock progressif style King Crimson et Emerson, Lake & Palmer, les trois amis créent tout d’abord le groupe Protostega Cryptochleidus et jouent du rock progressif chez Phil. Parallèlement, ils jouent dans les boums des reprises de Roxy Music, Bowie ou Au Bonheur des dames. Ils répètent un temps avec un saxophoniste, Michel Boucault, avant de rencontrer Michel Chaupin, alias Mickey, qui deviendra le bassiste de Starshooter.

JELLO : Avant d’aller à Saint-Exupéry, on fréquente le lycée André-Lassagne. Le déclic se fait en classe de seconde, lorsque l’on fait la connaissance de Marie Girard, Patrick Vidal et Jean-Marc Vallod, le premier bassiste de Marie et les Garçons qui jouera ensuite au sein d’Electric Callas. Le jour de la fête du lycée, les trois groupes du bahut se produisent en public. Nous ne faisons que des reprises, et l’on s’aperçoit que le public est réceptif. Nous tirons à partir de là un trait définitif sur le côté cérébral du rock, on se cherche un nouveau nom. Nous hésitons longtemps, et sommes un moment tentés par Starfucker d’après un morceau des Stones, puis Starfighter mais ce sont des avions qui ont la réputation de se casser rapidement la gueule. Finalement, on opte pour Starshooter.

KENT : Un jour, on anime la fête du lycée Saint-Exupéry, le 6 juin 1975, avec notre répertoire de reprises, et l’on fait un carton. Le lendemain, on se réunit, et l’on décide unanimement d’arrêter Protostega Cryptochleidus. Plus question de donner dans le progressif, on décide de se mettre au rock tout court. Tout part de là. On commence rapidement à écrire plusieurs morceaux, toujours sur trois accords. Nous travaillons ensemble, et lorsque l’un d’entre nous a une idée, nous essayons de l’exploiter jusqu’à ce que ça débouche sur une chanson. Par contre, nous ne chantons pas encore en français, plutôt en yaourt. Un peu plus tard, lorsque nous commençons à trouver quelques concerts, on se dit qu’il faudrait essayer de mettre des vraies paroles. Et comme je suis le chanteur, les autres me délèguent tous les pouvoirs.
(Nos années punk, p. 231)

Ils répètent tous les mercredis et samedis, parfois le dimanche, entre 1971 et 1975, dans la cabane de jardin de la maison des parents de Phil. Ensuite, le groupe gagnant un peu d’argent, ils loueront une maison aux bords du Rhône, qu’ils baptiseront le Starshooter Empire Building. C’est à partir de l’automne 76 que les choses deviennent vraiment sérieuses. Le groupe a envie d’enregistrer des maquettes, utilise pour ça un studio quatre pistes. Parallèlement à Starshooter, Kent s’essaie à la bande dessinée et monte parfois à Paris pour montrer ses planches à des éditeurs. Il connaît Jean-Pierre Dionnet, de Métal Hurlant, et c’est dans les bureaux de ce journal qu’il finira par rencontrer Philippe Manœuvre, encore rédacteur en chef de Métal Hurlant à l’époque. Tout en lui montrant ses planches, Kent lui apprend qu’il a un groupe.

KENT : (…) Je remarque son air ennuyé, du style : « Oh merde, il a un groupe… » Mais il me dit : « Justement ça m’intéresse car je prépare un papier sur les groupes punk français… » Bien évidemment, je ne sais absolument pas ce que ce mot peut signifier. J’ai bien entendu dire que les Ramones sont punks, sans avoir d’idée sur le sens véritable de ce mot. Or, nous adorons les Ramones, et essayons aussi de jouer de notre côté, le plus rapidement possible. Ils restent bien sûr pour nous un très bon exemple. Nous pensons même que nous sommes plus rapides qu’eux ! Je retourne à Lyon, et je le raconte aux autres. On lui envoie une cassette, il me rappelle pour me demander une photo. On demande en catastrophe au frère de Jello de s’y coller, et deux mois après, on voit notre photo dans Rock & Folk. Ça nous paraît complètement incroyable, tous les autres groupes de l’article ont déjà sorti des disques, ce qui n’est pas notre cas. Je crois que Philippe Manœuvre nous a pris car il voulait snober ses confrères.
(Nos années punk, p. 235)

C’est également en lisant Best et Rock & Folk que les Starshooter apprennent qu’il y a un tremplin au Golf Drouot avec des groupes aussi inconnus qu’eux. A l’époque, ils chantent encore dans un anglais approximatif, l’idée ne leur étant même encore jamais venue d’écrire des paroles en français. Il n’y a aucune trace des morceaux composés à cette époque, alors encore une fois, pour l’illustration musicale de cette note, je vais devoir tricher et puiser dans les titres plus tardifs. Restons dans les "reprises" pour l’instant, avec « Get Baque »...

JELLO : Nous montons à Paris participer au tremplin du Golf Drouot. Le même jour il y a trois autres groupes, dont un qui s’appelle Olaf. Ils jouent une musique très planante et je revois le chanteur faire semblant de regarder les étoiles. Comme le Golf est très bas de plafond, je suis vite plié en deux… Minuit Boulevard est plutôt branché Rolling Stones. De notre côté, on a loué un bus pour emmener tout notre fan-club, et l’on repart avec un chèque de 500 francs en poche, même pas de quoi payer l’essence aller-retour. Ça ne nous amène absolument rien, même si nous sommes tout de même très contents de l’avoir fait, on a presque l’impression d’exister.
(Nos années punk, p. 233)

Starshooter – Get Baque

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10.03.2007

Jeudi 10 mars 1977 - Les Sex Pistols signent avec A&M Records

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C’est au cours du mois de février 1977 que Sid Vicious a officiellement intégré les Sex Pistols, remplaçant Glen Matlock à la basse. Il n’a jamais su jouer qu’un seul riff, ce grincement utilisé par David Bowie dans « Hang On To Yourself » et que les Ramones avaient repris pour « I Don’t Wanna Go Down To The Basement ». Sid palliait son manque évident de technique musicale par une attitude et des postures radicales, également chipées aux Ramones, jambes écartées au maximum, basse brandie comme une mitraillette et bouche tordue de mépris.
Au moment où Sid rejoint son copain Johnny Rotten au sein du groupe le plus haï de l’époque, Malcolm McLaren est à la recherche d’une nouvelle maison de disque pour sortir leurs futurs 45 tours et surtout leur album. Le choix finira par se faire entre CBS et A&M. Bien qu’A&M soit une structure plus petite que CBS, elle propose plus d’argent, et surtout, ce sont les Clash qui, le 25 février 1977, signent chez CBS. Ce sera donc A&M que choisira McLaren.
Avant même la signature du contrat, le choix du 45 tours à sortir d’urgence est vu : il s’agit de « God Save The Queen », que le manager des Sex Pistols compte bien mettre en vente à temps pour profiter du Jubilé d’argent de la Reine Elisabeth II et du scandale qui en résultera.
C’est donc le 10 mars que doit avoir lieu la signature « officielle » (comprendre : pour la presse, la véritable signature ayant eu lieu la veille) avec la maison de disque. Il s’agit d’un contrat portant sur deux ans, avec une avance annuelle de 75 000 livres.
Une limousine est venue chercher les membres du groupe pour les déposer devant Buckingham Palace où ils doivent signer devant le palais. Puis ils repartent pour une conférence de presse à l’hôtel Regent Palace. Devant les représentants de toute la presse musicale, les Pistols se jettent immédiatement sur l’alcool. Rotten s’occupe de répondre aux journalistes en insultant Vivienne Goldman de Sounds tandis que Sid vide la vodka. Ils quittent l’hôtel en embarquant autant de bouteilles que possible et Sid et Paul Cook ont commencé à se battre aux studios Wessex, avant d’être conduits dans les locaux d’A&M Records. En sortant de la voiture, Paul a le nez en sang et un coquard, Sid, déchaussé, s’est entaillé le pied, Steve est complètement ivre.
Officiellement, ils sont là pour parler de la sortie de leur single et pour être présentés aux membres d’A&M. En réalité, ça dégénère immédiatement. Steve est entré par erreur dans les toilettes pour dames et, histoire de ne pas être venu pour rien, a tenté de s’en faire une. De son côté, Sid a détruit une cuvette de chiottes en voulant y tremper son pied en sang. Derek Green, d’A&M Records, était contre l’idée d’empêcher les Pistols de faire ce qu’ils voulaient, mais là, ça dépassait les bornes. Il a choisi vite fait ce que serait la face B de « God Save The Queen », à savoir « No Feelings », et a viré le groupe le plus vite possible.

« Nous avons signé notre deuxième contrat phonographique avec A&M devant Buckingham Palace. Cela n’a pas duré longtemps non plus – une semaine en mars 1977. Nous avions eu une dispute gigantesque dans la limousine en y allant. Cela a commencé quand Sid s’en est pris à Paul. Sid s’arrangeait toujours pour être sur le dos de Paul. Il le traitait de gorille albinos dans la limousine. Une remarque en a amené une autre, alors les coups de poings ont commencé à voler. Nous avons tous été blessés, et quand nous sommes sortis nous avions tous, j’en ai bien peur, des yeux au beurre noir. Ce n’était pas vraiment méchant. Chaque groupe le fait. Mais cela n’aide pas quand il y a une masse de gens de la presse attendant à l’autre bout et nous nous sommes tous mis à nous battre dans la rue devant Buckingham Palace. Cela n’a pas amusé la police. Et puis il y a eu une conférence de presse, qui était encore une autre farce. Nous n’étions pas au courant, et nous n’avions aucune idée de ce qui allait nous être demandé ou ce qui allait se passer. Une fois encore, c’était la presse à scandale qui aiguillait l’interview sur un versant particulièrement choquant. Ils essaient de vous tromper et de vous faire dire des choses stupides. Nous l’avons bouclée tout simplement. Sid a jeté une tarte à la crème à la tête de quelqu’un. C’était aussi stupide que cela. La presse avait ce qu’elle voulait – de jeunes loubards la bouche pleine de vulgarité. Ils étaient heureux.

A&M nous a invité dans ses bureaux et nous a fait des courbettes en nous servant du champagne et d’autres alcools. Malcolm avait espéré pouvoir nous contrôler. Sid est devenu méchamment bourré. Dans les toilettes, il a cassé un chiotte avec ses bottes. Les garçons resteront toujours des garçons, comme on dit. Quelqu’un d’autre a vomi dans les plantes en plastique dans le bureau d’un des dirigeants. Je n’en ai qu’un vague souvenir, j’étais trop bourré, et je ne veux pas m’incriminer, mais je crois que c’était moi le coupable. Steve a fait preuve d’agressivité envers les secrétaires. Une femme est sortie en courant et en poussant des hurlements. Steve était-il choquant ? Il l’a peut-être un peu pelotée, mais je ne l’ai pas vu faire. Paul était quant à lui calme et réservé. Il restait à l’écart, mais il suivait les moindres mouvements de Steve, pour voir s’il n’y aurait pas quelque chose pour lui.

Nous n’étions pas du tout intéressés par A&M. C’était simplement un tas de mecs en costards. Quelqu’un de haut placé dans la compagnie a pensé que nous étions vraiment détestables. C’est marrant comme les gens vous montrent du doigt et se dressent pour défendre la majorité morale. Toujours être méfiant vis-à-vis de celui qui crie le plus fort. »

(Rotten par Lydon, p. 152)

Sex Pistols – No Future (God Save The Queen) (démo, décembre 1976)

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