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01.01.2007
HAPPY NEW YEAR 1977 !!!

Chrissie Hynde (Pretenders), Debbie Harry (Blondie), Viv Albertine (The Slits), Siouxsie Sioux, Poly Styrene (X Ray Spex) et Pauline Black (The Selecter) vous souhaitent une bonne et heureuse année 1977 !
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31.12.2006
Vendredi 31 décembre 1976 - Réveillon punk au théâtre Dejazet
Le 31 décembre 76, le théâtre Dejazet accueille plusieurs groupes de rock, parmi lesquels un groupe punk : Asphalt Jungle.

« PATRICK EUDELINE : Le premier réveillon punk au théâtre Dejazet est plus rock que punk. Dans la programmation, tu retrouves des groupes comme Bracos Band, Dallas Gang, HLM et Shakin’ Street. Je revois même un type avec sa Gibson E 330 se prendre pour Chuck Berry et nous asséner tous les standards. Nous sommes les seuls à être un peu dans le mouvement punk et, en plus, on n’a pas de bassiste mais deux guitaristes, exactement comme les Cramps ! François Lloyd, dès qu’il apprend que ça va devenir sérieux, ou du moins que l’on signe avec un label, se dégonfle. Et on fait donc appel à Mental Job. A ce réveillon, on se rend compte que certaines personnes nous suivent, comme Miss O.D. Dans la salle, il y a aussi Brenda Jackson qui nous voit pour la première fois, et qui nous complimente du style : “Je n’en attendais pas tant !” » (Nos années punk, p. 120)
En décembre, en effet, Asphalt Jungle a signé avec le label Cézame Cobra d’Alain Pons, qui tient une rubrique sur la musique folk dans le magazine Best. Métal Urbain et Factory signeront à leur suite avec ce même label. Louis de Prestige, dit Mental Job, qui a déjà assisté en spectateur à plusieurs concerts d’Asphalt Jungle (notamment celui du 3 décembre au Golf Drouot), remplace François Lloyd à la guitare.
Asphalt Jungle – Purple Heart

17:50 Publié dans Chronologie du désastre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : asphalt, jungle, patrick, eudeline, punk, rock, purple
26.12.2006
Dimanche 26 décembre 1976 - Dernière date prévue de l'Anarchy Tour

Récapitulatif succinct de l’Anarchy Tour :
Vendredi 3 décembre 1976 – Université de Norwich. ANNULÉ.
Samedi 4 décembre 1976 – Kings Hall, Derby. ANNULÉ
Dimanche 5 décembre 1976 – City Hall, Newcastle. ANNULÉ
Lundi 6 décembre 1976 – Polytechnic, Leeds. Seul concert avec les Damned.
Mardi 7 décembre 1976 – Village Bowl, Bournemouth. ANNULÉ
« Au lieu de faire la date prévue à Bournemouth, la tournée partit pour Sheffield, courant après un concert qui tomba à l’eau au dernier moment. Jusque-là, treize dates sur dix-neuf avaient été annulées, et on faisait des réajustements en catastrophe. La plupart des radios commerciales refusaient de passer les Sex Pistols et seul John Peel tenait bon à la BBC. Des chaînes de grands magasins telles que Boots se demandaient si elles allaient continuer à stocker le disque, alors que des petits détaillants qui le vendaient bien se plaignaient de ne pas être suffisamment approvisionnés par EMI.
Au moment où les groupes se trouvaient à Sheffield, la situation avec EMI explosa. (…) Le mardi 7, Sir John Read présidait l’assemblée générale annuelle d’EMI : à sa grande irritation, il semblait que la rencontre, ce jour-là, allait être dominée non pas par les performances du groupe EMI pour l’année 1975-76, mais bel et bien par les Sex Pistols. (…) Il n’était pas difficile de deviner de quel côté pencherait le conseil d’administration d’EMI – dont faisait également partie le chancelier fantôme Sir Geoffrey Howe. Le 7, Read déclara : “Il faudra sérieusement se poser la question de savoir si, oui ou non, EMI continuera de sortir les disques du groupe. Il va sans dire que nous ferons tout notre possible pour contenir leur comportement en public, bien que cela soit un état de fait sur lequel nous n’ayons pas vraiment de contrôle.” Après la commission, Read, “manifestement irrité”, discuta ouvertement avec les journalistes de la possibilité de mettre un terme au contrat du groupe.
Ainsi qu’on put le lire dans le Daily Mail, la réplique des Sex Pistols face à ce représentant paternaliste de l’establishment fut : “Dites-lui d’aller se faire foutre.” S’il y eut un moment précis qui scella leur destin avec EMI, ce fut celui-ci. Le même jour, “Anarchy in the UK” atteignait la quarante-troisième place dans le classement national. Il s’en vendait entre 1500 et 2000 exemplaires par jour, c’est-à-dire un vingtième des ventes d’un morceau de Queen, ce qui restait tout de même assez respectable pour un premier disque en butte à des problèmes de distribution qui, eux, dépassaient tous les records. »
Jeudi 9 décembre 1976 – Electric Circus, Manchester.
« A l’Electric Circus, il devint évident que les Sex Pistols commençaient à subir les effets de la pression : juste avant le concert, ils s’étaient fait expulser de deux hôtels. Chaque concert était l’occasion de relâcher un peu cette tension mais, comme le dit Richard Boon, “ils étaient très négligeants. Les Sex Pistols étaient toujours bons, mais l’enthousiasme général s’était envolé avec celui de John. L’ensemble demeurait encore assez incisif mais quelque chose s’était produit. On leur menait vraiment la vie dure.” »
Vendredi 10 décembre 1976 – Univesité de Lancaster. ANNULÉ
Samedi 11 décembre 1976 – Stadium de Liverpool. ANNULÉ
Lundi 13 décembre 1976 – Colston Hall, Bristol. ANNULÉ
Mardi 14 décembre 1976 – Le concert de Top Rank, à Cardiff, Pays de Galles est ANNULÉ. Il est finalement assuré au Castle Cinema, à Caerphilly.
« A la fin de la semaine, la couverture médiatique s’était essoufflée. EMI était momentanément désemparée et n’avait entrepris aucune action, d’où un certain répit. Le lundi suivant, le groupe se réunit à Dryden Chambers afin de décider de la marche à suivre : tous se mirent d’accord pour mettre fin à la tournée. McLaren retourna chez EMI, espérant obtenir un peu plus d’argent pour le concert du lendemain, à Caerphilly : il suspectait EMI d’attendre la fin de l’année pour laisser tranquillement tomber le groupe, une fois que toute l’agitation serait retombée. Ils pourraient ainsi, ni vus ni connus, se débarrasser du problème sans donner l’impression de céder à la presse.
Chaque concert qui pouvait avoir lieu était désormais un petit miracle. Il y avait très peu d’endroits dans le pays où ils pouvaient encore passer. Cette situation, peu commune, commençait à ressembler à une chasse aux sorcières : elle était complètement disproportionnée par rapport à la faute qui en était à l’origine. Les Sex Pistols n’avaient pas été reconnus coupables d’avoir enfreint la loi ; cela n’avait même pas été suggéré. Leur label ne les avait pas lâchés et les remarques faites par EMI concernant d’éventuelles censures étaient restées très générales, pas du tout dirigées contre eux.
A partir de ce moment-là, les circonstances entourant les concerts feraient plus de bruit que les concerts eux-mêmes : les Sex Pistols ne pourraient plus faire une seule date en Angleterre sans déclencher un quelconque scandale. Désormais, ils étaient un spectacle en soi. Cela eut un effet désastreux sur le groupe : à compter de cette période et jusqu’à leur dissolution en janvier 1978, ils n’ajoutèrent que quatre nouvelles chansons à leur répertoire, et ni leur façon d’appréhender le public ni leur musique n’évoluèrent. Ils étaient des mouches fossilisées dans l’ambre de la notoriété.
A Caerphilly, tout le monde semblait persuadé qu’une sorte de croisement entre Satan et Genghis Khan était sur le point d’atterir dans leur communauté : pubs et magasins furent fermés, et les rideaux de fer furent tirés. La semaine précédente, deux conseillers travaillistes avaient vainement tenté d’obtenir un arrêté visant à annuler le concert : ayant échoué, ils rassemblèrent, en signe de protestation, des habitants du village sur le parking du cinéma pour y entamer des chants de Noël : leur nombre dépassa celui du public présent au concert. Ce à quoi Lydon rétorqua : “Je pense que tous ces gens s’ennuient, qu’ils ont seulement besoin de quelque chose d’un peu distrayant dans leur vie, et que nous ne sommes qu’une excuse.” »
Mercredi 15 décembre 1976 – Apollo, Glasgow, Ecosse. ANNULÉ
Jeudi 16 décembre 1976 – Caird Hall, Dundee, Ecosse. ANNULÉ
Vendredi 17 décembre 1976 – City Hall, Sheffield. ANNULÉ
Samedi 18 décembre 1976 – Kursaal, Southend. ANNULÉ
Dimanche 19 décembre 1976 – Le concert du Civic Hall, à Guilford, ANNULÉ, est remplacé par une nouvelle date à l’Electric Circus de Manchester.
« Présentement, le groupe s’échinait à essayer de survivre dans cette fosse aux lions, alors que le punk avait fini par atteindre “les gosses des cités”. L’Electric Circus, par exemple, était situé au beau milieu de gigantesques HLM délabrés des années 30. “Le second soir tourna carrément à l’émeute”, raconte Peter Hook de New Order ; “il y avait un paquet de supporters de foot et de tarés qui jetaient des bouteilles des derniers étages des immeubles. C’était vraiment très lourd ; un vrai cauchemar, cette soirée. Jusqu’à l’histoire avec Grundy, le punk était complètement sous-terrain (sic) : après, il a dépassé tout le reste. Il y avait énormément de punks qui se faisaient tabasser.”
Vus de l’intérieur, les Sex Pistols semblaient plutôt épuisés à côté des Clash : “La différente avec les deux prestations des Clash à l’Electric Circus était frappante”, explique Richard Boon. “On ne voyait qu’eux. Les Pistols avaient pratiquement passé toute l’année sur les routes, mais pas les Clash, qui avaient su tirer profit de leur expérience.” »
Lundi 20 décembre 1976 – Le concert de Town Hall, à Birmingham, ANNULÉ, est remplacé par un concert au Winter Gardens, à Cleethorpes.
Mardi 21 décembre 1976 – Woods Centre, Plymouth.
Mercredi 22 décembre 1976 – Le concert du 400 Ballroom, à Torquay, ANNULÉ, est remplacé par une deuxième date au Woods Centre de Plymouth, qui sera le dernier concert de la tournée.
« Après une dernière date à Plymouth le 22 décembre, les Sex Pistols et toute la tournée rentrèrent à Londres épuisés, fauchés, sans nulle part où aller et confrontés à un avenir incertain. Cette semaine-là, “Anarchy in the UK”, la chanson, avait atteint la vingt-sixième place du classement du NME, mais le groupe avait accumulé des dettes qui se chiffraient à un total de 10 000 livres. Et EMI ne fournissait toujours que très peu d’indications sur ce qui se passait. »
(Source : England’s dreaming, p. 311-317)
Jeudi 23 décembre 1976 – Penelope’s Ballroom, Paignton. ANNULÉ
Dimanche 26 décembre 1976 – The Roxy, Londres. ANNULÉ
« La tournée “Anarchy” de décembre 1976 avec Johnny Thunders fut une histoire hilarante. Malcolm avait organisé la plupart des détails. Une agence avait réservé toute la tournée, et c’était très drôle d’avoir tous les groupes dans le même bus. Nous nous entendions comme chiens et chats – les Damned, les Heartbreakers, et les Clash. Les Clash se sont désistés car ils voulaient être en tête d’affiche ou quelque chose du même genre. Alors ils ont voyagé séparément. Puis, les Damned ont décidé qu’ils étaient la meilleure création au monde depuis le pain en tranche. Les divergences d’ego ont tout démoli. La seule raison qui a fait rester les Heartbreakers, c’est qu’ils n’avaient aucun ego. Thunders était complètement mis hors circuit par la drogue, rien ne lui importait. Sid était dans les parages à ce moment-là. Cela peut être épouvantable de dormir dans des bus, mais pas si affreux si vous êtes avec des gens prêts à s’amuser. Vous êtes moins enclin à haïr tout le monde que lorsque vous voyez toujours les quatre mêmes têtes. En tant que manager, Malcolm aurait dû essayer davantage. Quel était le but de mettre tout cela en chantier, appelons cela une tournée, et de nous envoyer dans le nord, rouler de ville en ville, passer deux nuits à l’hôtel, faire un concert, puis de nouveau rouler pendant une semaine sans rien avoir à faire ? Je crois que nous avions un concert à… - non, annulé, prochaine ville. Il n’y avait pas d’échappatoire, pas d’alternative, et toujours pas d’argent. C’est dur quand 200 journalistes vous suivent partout avec des caméras. »
(Rotten par Lydon, p. 141)
07:10 Publié dans Chronologie du désastre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Anarchy Tour, Sex Pistols, Heartbreakers, Clash, Rotten, EMI
06.12.2006
Lundi 6 décembre 1976 - Premier concert de l'Anarchy Tour, à Leeds

Il ne faut pas sousestimer l’importance des retombées du « Bill Grundy Show ». Qu’un tel acharnement des médias, qu’une telle psychose chez EMI paraissent aussi grotesques que pathétiques, c’est un fait. Il n’empêche qu’à partir de ce soir du 1er décembre 76, plus rien n’a été comme avant pour les Sex Pistols. Ce soir-là, à 18 h 25, l’heure par excellence où les familles se retrouvent devant la télévision, la bonne société anglaise a pris le phénomène punk en pleine gueule. Jusqu’ici, il s’agissait de groupes de rock un peu remuants, mais ils ne venaient pas vomir leur 8°6 au beau milieu du salon.
Au lendemain de l’émission, Leslie Hill, de EMI, est venu expliquer à McLaren que les ouvriers de chez Hayes s’étaient mis en grève et refusaient d’emballer les disques de « Anarchy In The UK ». Une conférence de presse a été organisée dans les locaux de la maison de disque, et McLaren est venu avec les Pistols.
« Plus intéressants étaient les signes de rupture qui commençaient à poindre entre les deux organes de EMI, à savoir le secteur disque, qui s’occupait des Sex Pistols, et Thames TV, détenue à 50% par la compagnie mère. Forcé de s’expliquer lors de la conférence de presse, Leslie Hill déclara : “Il semble que, à de nombreuses reprises, ce soient les médias qui aient délibérément provoqué cet événement ; cela ne saurait en aucun cas affecter nos rapports avec le groupe”. Le lendemain, EMI était elle-même la cible des tabloïds, alors que le scandale faisait la une de quatre journaux. » (England’s dreaming, p. 306)

C’est dans ce climat survolté que le groupe prend le bus pour la tournée Anarchy. Avec eux, les Clash, les Damned et Johnny Thunders and the Heartbreakers. « Le 3 décembre, les quatre groupes et leurs managers se rendirent au Club des Etudiants de l’Université de l’East Anglia à Norwich afin d’y donner leur premier concert. Le concert fut annulé le jour même par le vice-président, et des étudiants, furieux, organisèrent un sit-in. A partir de là, six autres dates furent également annulées. Le 4, la tournée devait passer à Derby, mais le conseil municipal travailliste insista pour que les groupes auditionnent d’abord devant la Commission des Loisirs. McLaren décida qu’aucun des groupes ne jouerait et déclara publiquement que les douze conseillers étaient “trop vieux pour juger” la prestation des Sex Pistols. » (England’s dreaming, p. 308)
A Derby, le conseiller Leslie Shipley précise qu’à l’exception des Sex Pistols, les autres groupes peuvent jouer comme convenu. Les Clash et les Heartbreakers se montrent solidaires des Pistols, mais Rick Rogers, le manager de la tournée des Damned, déclare que son groupe jouera, même sans les autres.
Le 6 décembre, les groupes donnent enfin leur premier concert à l’établissement d’enseignement supérieur de Leeds. Avant le concert, les Pistols sont invités à une émission de Yorkshire TV. McLaren refuse de laisser le groupe jouer. C’est lui qui répond aux questions des journalistes pendant que les Pistols, alignés derrière lui, se fendent la poire.

Avec cette atmosphère de scandale, le concert tient plus du show médiatique que du spectacle de rock’n’roll. Les Pistols en rajoutent dans la provocation, Johnny Rotten dédie « Anarchy » « à un conseiller de Leeds, à Bill Grundy et à la Reine – Allez vous faire foutre ! » (cité dans England’s dreaming, p. 309) Le public, déconcerté, se tient plutôt immobile, ou s’en va.
« “Il y avait une énorme réserve de mollards prêts à partir”, raconte Julien Temple, qui suivait la tournée armé de sa caméra, “parce que tout le monde avait lu qu’on pouvait cracher sur les groupes punks. Il y avait des volées de crachats, et eux, ils se penchaient en avant pour mieux les recevoir : John avait un look génial avec toute cette morve et ces mollards dans les cheveux. Les Damned passèrent en premier, puis les Clash, et enfin les Sex Pistols : c’est là que la classification des groupes fut confirmée. Les Damned étaient le genre de groupe punk qui passe sur Radio One, et les Clash étaient “politiquement corrects” au sens travailliste du terme. Les Sex Pistols n’étaient qu’une farce anarchiste complètement absurde.” » (England’s dreaming, p. 309)
Les Damned, les Clash, puis les Sex Pistols : dans son énumération, Julien Temple oublie les Heartbreakers, le groupe formé par Johnny Thunders (guitare, chant) et Jerry Nolan (batterie, chant) après leur départ des New York Dolls en août 75, avec le guitariste Walter Lure et le bassiste Richard Hell, qui a fini par quitter ce groupe pour former les Voidoïds, se faisant remplacer par Billy Rath.
Le lendemain du concert de Leeds, à Sheffield, Malcolm McLaren décide de se débarrasser des Damned, se vengeant ainsi de leur manque de solidarité après l’annulation du concert de Derby. Bien entendu, la rivalité entre les Damned et les Pistols – et entre Jake Riviera, manager des Damned, et Malcolm McLaren – était latente depuis plusieurs mois. Le concert de Derby était un prétexte inespéré. McLaren voulait qu’on sache que l’Anarchy Tour était la tournée des Sex Pistols, et d’eux seuls – que les Damned étaient leurs invités et qu’ils pouvaient être « remerciés » à tout moment. Le concert de Leeds fût donc le seul de cette tournée auquel les Damned participèrent.
Johnny Thunders & The Heartbreakers – Born Too Loose

The Damned – Feel The Pain

The Clash – Remote Control

12:25 Publié dans Chronologie du désastre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sex Pistols, Anarchy Tour, Damned, Clash, Johnny Thunders, Heartbreakers
03.12.2006
Vendredi 3 décembre 1976 - Asphalt Jungle et Métal Urbain au Golf Drouot
Alors qu’en Angleterre, les Sex Pistols, les Clash, les Damned et les Heartbreakers auraient dû inaugurer la tournée Anarchy à l’université de l’East Angli, à Norwich, mais qu’au dernier moment, le concert a été annulé après le scandale de l’émission de Bill Grundy ; en France, le groupe Asphalt Jungle enflamme le Golf Drouot. L’incendie prend vite : le concert finira en baston générale. Asphalt Jungle a inscrit un nouveau groupe, de retour de Londres, qui va jouer ce soir pour la première fois : Métal Urbain.

Métal Urbain : Pat Lüger, Clode Panik, Eric Débris et Hermann Schwartz
Le groupe Métal Urbain est né d’une rencontre de lycéens dans une boum, autour de 1973 : Eric Daugu – qui deviendra Eric Débris –, Jean-Pierre Zinc, dit Zip Zinc, et Eric Feidt, le futur Rikky Darling, qui accompagnera plus tard Asphalt Jungle. Débris écrit des textes, Zip Zinc s’entraîne à la batterie sur des barils de Skip, Rikky Darling s’occupe des instruments à cordes, le trio commence à bidouiller des sons en multipliant les expériences musicales chacun de leur côté (Bloodsucker avec Pierre Meige, Jacno, Rikky Darling et Zinc, Aladin avec Débris et Darling…). La même année, Eric Débris rencontre, dans une école de dessin du lycée Corvisart, Claude Peronne, qui sera rebaptisé Clode Panik. Les quatre façonnent une musique électronique très inspirée d’Hawkwind, du Metal Music Machine de Lou Reed ou des expérimentations de Robert Fripp et Brian Eno, avec en guise de synthétiseur un simple oscillateur de fréquences fixes et un magnétophone pour chambre d’écho. Ils décident de s’appeler « Métal Urbain », et Clode Panik devient le chanteur du groupe début 1976.
« ERIC DÉBRIS : Métal Urbain est tombé sur une phase. Nous sommes passés par toutes les musiques décadentes, jusqu’au jour où je me rends compte que Roxy Music a une approche de la musique qui correspond complètement à ce que l’on essaie de faire. Brian Eno ne joue pas des synthés comme un claviériste, il en joue comme quelqu’un qui trafique le son du saxophone ou de la guitare à travers ses machines, ce qui est également mon approche. Et lorsque je m’aperçois que l’on peut faire cela au sein d’un groupe de rock, ça m’intéresse tout de suite. Je tiens à préciser qu’en parallèle, avec Zip, on avait beaucoup lu Oscar Wilde qui appartenait au mouvement esthétique antinaturaliste, et que nous tentons d’appliquer ses théories à la musique. Autrement dit, d’utiliser une musique qui serait totalement constituée de sons retraités, et de sons synthétiques qui n’auraient plus rien de naturel. L’objectif du début est vraiment de ne rien avoir de naturel, la voix passe systématiquement à travers un synthé et les sons de guitare passent par des filtres. Comme cela s’avère un peu plus compliqué par la suite, on abandonne ce schéma au niveau des guitares. Même chose pour la voix, toujours pour des problèmes techniques, nous ne pouvons le faire qu’en studio. Sur scène, dès que tu accroches des fréquences un peu extrêmes, le larsen est au rendez-vous. En studio, nous n’employons jamais de sonorités ni d’instruments qui ne soient pas retravaillés. Il y a toujours un kilomètre d’effets. Cette volonté correspond à une envie d’être différent et d’avoir quelque chose à dire, pas seulement en jouant trois accords et en collant des paroles dessus. Il y a une véritable démarche esthétique. Métal Urbain est un concept et pas seulement un groupe, la perception en est forcément différente. Nous voulons nous démarquer de cette vague néo-baba, et nous sommes vraiment des précurseurs, car à cette époque, le punk-rock n’existe pas. » (Nos années punk, p. 192)
Les répétitions de Métal Urbain commencent à l’été 76. Le concert du Golf Drouot est leur première apparition en public. Les frères Boulanger, Jean-Louis alias Hermann Schwartz et Patrick alias Pat Lüger, ne font pas encore partie du groupe : à la même époque, ils jouent au sein de Man Ray, avec Anne Heynssens au chant et Joey Ness à la batterie. Mais Hermann Schwartz est dans le public ce soir-là, et assiste à la prestation mouvementée de Métal U. Il y a aussi Louis de Prestige, alias Mental Job, qui rejoindra bientôt Asphalt Jungle.
« ERIC DÉBRIS : Le concert au Golf Drouot dure l’espace de trois morceaux : “No Fun”, “Snuff Movie” et je crois l’instrumental “Métal Urbain”. C’est à ce set-là que tout a commencé à dégénérer, et je me souviens très bien que nous n’avons même pas réussi à jouer “Anarchie en France”. Le Golf à l’époque est un antre de hippies, et nous on débarque là-bas pour jouer. Dans la salle, il y a en tout et pour tout les gens d’Asphalt moins un, puisque Rikky Darling joue sur scène avec nous, plus cinq ou six autres punks. Ce qui ne fait pas beaucoup ! Nous arrivons sur scène comme d’habitude, avec des types assis par terre qui nous regardent. Certains se reculent, d’autres avancent, et au bout de trois morceaux, on reçoit un projectile auquel on répond de manière très subtile par un salut nazi. Là, tout dégénère. Un type de l’assistance n’apprécie pas, il saute sur Clode en essayant de l’attraper par les cheveux pour le faire tomber, mais n’y arrive pas car Clode porte le cheveu court et gluant. Les gens d’Asphalt commencent à mettre des coups de pompes dans tous les sens, et nous de notre côté, nous donnons des coups de micro partout. Rikky tient sa guitare par le manche et est prêt à allumer tout ce qui s’approche d’un peu trop près. Ça s’arrête là. La bagarre prend fin, on quitte la scène, et nous sommes déclarés hors concours. Un papier nous concernant paraît néanmoins dans Best. Le mensuel chronique systématiquement les concerts, et bien évidemment, personne n’a jamais eu de papier aussi important. Le journaliste s’appelle Alain Pons, il travaille également chez Cézame Cobra, ce qui nous aide pour la signature de notre premier 45 tours. Toute l’équipe de Cobra s’est déplacée, même Lard Free au grand complet avec Gilles Yéprémian. Ils sont très intéressés par notre prestation. » (Nos années punk, p. 197)

Asphalt Jungle – Poly Magoo

Métal Urbain – Snuff Movie

13:25 Publié dans Chronologie du désastre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Métal Urbain, Asphalt Jungle, Eudeline, punk, rock, Panik, Golf Drouot
01.12.2006
Mercredi 1er décembre 1976 - Scandale au "Bill Grundy Show"

Ce n’est pas la première émission de télé à laquelle ont participé les Sex Pistols, mais c’est celle qui est restée dans l’histoire. Ce jour-là, le groupe Queen, qui était chez EMI également, était invité à l’émission du soir de la BBC, Today, présentée par Bill Grundy. Le groupe s’étant décommandé au dernier moment, Eric Hall, le chargé de relations télé d'EMI, proposa de le remplacer par les Sex Pistols qui, au même moment, étaient en pleines répétitions au cinéma Roxy de Harlesden pour l’Anarchy Tour qui devait commencer le 3 décembre à Norwich, avec les Clash, les Damned et les Heartbreakers.
Les Sex Pistols étaient accompagnés de leurs « fans » Simon Barker, Steve Severin, Simone et Siouxsie, blonde et lookée façon Orange mécanique. Visiblement, Bill Grundy ne connaissait pas grand-chose au sujet des Pistols, et il devait se sentir plutôt embarassé de devoir les interviewer. D’aucuns prétendent même qu’il avait bu avant l’émission. Lui-même l’affirme d’entrée de jeu, en jouant au type cool et proche des jeunes : « Comme vous le voyez, ils sont aussi saouls que moi. Ils sont clean, en comparaison ! »
L’émission ne dure pas cinq minutes, et c’est un bel exemple de n’importe quoi. Le groupe est assis au premier plan, en arc de cercle, de gauche à droite Rotten, Jones, Matlock et Cook. Grundy commence par les interroger sur le contrat de 50 000 livres qu’ils viennent de signer avec EMI. « Est-ce que ça ne serait pas, euh, légèrement en contradiction avec votre idéal de vie antimatérialiste ? », ce à quoi Glen Matlock répond que plus il y a de fric, mieux c’est, et que de toute façon ils ont déjà tout claqué. C’est alors que Grundy les branche sur Beethoven et compagnie. « Ce sont des gens meeeerveilleux, minaude Rotten, ils nous excitent à fond. – Supposez qu’ils en excitent d’autres ? demande Grundy. – Ben, chacun sa merde. » A cet instant, l’émission, déjà chancelante, déraille complètement. Grundy demande à Rotten de répéter ce qu’il vient de dire, puis il se met à draguer Siouxsie qui lui fait les yeux doux, et Steve Jones, encouragé par Grundy, l’insulte copieusement.
« Quand on le regarde aujourd’hui, l’extrait de Today ressemble à une longue perte de contrôle visuel : tous les huit sont avachis, grimacent, ont l’air de s’emmerder ; des mains volent au hasard à travers l’écran ; au lieu d’attendre poliment la fin du générique, le groupe déconne et sautille sur l’air de l’indicatif. Et plutôt que d’être l’instrument de l’objectivité éditoriale, Bill Grundy perd son sang-froid. Au lieu de calmer une brochette d’invités visiblement énervée, il les provoque, et la réponse est inévitable.
“Quand on est redescendus dans la pièce verte”, dit McLaren, “il y avait Steve et Siouxsie qui décrochaient tous les téléphones qui sonnaient en disant : ‘Ici la BBC Tamise, lâche ton putain de téléphone vieux con !’ Le chauffeur d’EMI est arrivé à toute vitesse en disant : ‘dépêchez-vous les gars, il faut qu’on se tire de là tout de suite. Y a de l’orage dans l’air’.” “Malcolm m’a tout simplement empoigné”, dit Matlock. “La limousine attendait dehors, et on s’est tous entassés à l’arrière. Juste au moment où on partait, un bus plein de policiers est arrivé.”
“J’ai reçu un coup de téléphone au bureau”, raconte Sophie Richmond, “c’était Eric Hall, qui avait l’air très inquiet, parce que, visiblement, il était conscient de la grossièreté de tout ça par rapport aux conventions de la télé. C’était juste après l’émission, et il fallait que j’aille à Heathrow accueillir les Heartbreakers. On l’a vue sur ITN pendant qu’on les attendait. Malcolm pouvait toujours y aller de ses ‘Oh merde’, tous les autres étaient hilares d’avoir obtenu toute cette attention. C’était comme une prise de pouvoir.”
“On est sortis ce soir-là et les gens nous montraient du doigt”, se souvient Simon Barker, “ensuite on est allés chez Hope & Anchor, et les gens parlaient de nous aussi. C’est là que j’ai réalisé que ça avait été diffusé en direct. A partir de ce jour, tout ne fut plus que pagaille et folie, chaque jour.” “C’était hilarant”, dit Steve Jones, “ça a été l’un des meilleurs moments, le lendemain, quand on a vu les journaux. J’ai pensé : ‘Putain de merde, c’est génial !’ A partir de ce jour là, tout a changé. Avant ça, c’était juste de la musique : le lendemain, c’était les médias.” » (England’s dreaming, p. 298)
L’émission a été supprimée pendant quinze jours et Grundy a dû faire des excuses publiques. Le reste de sa carrière a consisté en petites émissions de télé itinérantes. Quant aux Sex Pistols, c’était la consécration dans l’outrage – mais aussi la fermeture d’un certain nombre de portes, ce qui s’est vu immédiatement avec l’Anarchy Tour : 24 dates étaient prévues jusqu’à Noël, sept seulement seront assurées. Le 1er décembre 1976 marque le début de la légende des Sex Pistols et du punk-rock...
14:20 Publié dans Chronologie du désastre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sex Pistols, Bill Grundy, Rotten, Matlcok, Cook, Jones, Siouxsie













