09.08.2006

Patti Smith / Horses

(Arista Records / BMG)

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1.Gloria
2.Redondo Beach
3.Birdland
4.Free Money
5.Kimberly
6.Break It Up
7.Land
Horses
Land Of A Thousand Dances
La Mer (de)
8.Elegie


Bon, je crois qu’on est tous d’accord maintenant : ce n’est pas la crête qui fait le punk. Ni les tatouages, ni la consommation immodérée de Valstar. Certains prétendent que si Rimbaud avait eu des nichons, il se serait appelé Patti Smith. Je n’irai pas jusque là, mais une chose est sûre : lorsqu’elle sort l’album Horses au début de l’année 1976, Patti Smith réalise quelque chose comme le casse du siècle. On me dira que ce n'est pas du punk-rock. D'accord. Mais c'en est une influence indéniable. L’album est produit par John Cale, Patti Smith est entourée par Richard Sohl au piano, Lenny Kaye à la guitare, Ivan Kral à la basse et Jay Dee Daugherty à la batterie.
« Jesus died for somebody’s sins but not mine », célèbre entrée en matière de «Gloria», sur des accords de piano calmes et posés, qui se font soudain plus nerveux : « My sins my own / They belong to me… me… » On ne cesse plus ensuite de monter en intensité jusqu’au refrain proche du mantra : « Gee… el… o… arr… ihaihaihaiha… G-L-O-R-I-A Gloooria G-L-O-R-I-A Gloooria…» Magnifique hymne à l’amour, l’amour comme révolution, comme désobéissance à l’ordre et à la morale, avec «Gloria» Patti Smith, bouleversant le morceau original de Van Morrison, réussit l’exploit d’être à la fois profondément ancrée dans son époque (la révolution sexuelle a encore de beaux restes et nous le fait savoir) et complètement intemporelle.
Joyeux sautillements de cymbales, ponctuations de guitare, «Redondo Beach» s’ouvre presque comme une ritournelle printanière, pourtant ce qu’on y chante, c’est l’absence : « I went looking for you-ou-ou… Are you gone gone ? » Et la pire des absences, la mort tragique, le suicide par noyade. «Down by the ocean it was so dismal / Women all standing with a shock on their faces / Sad description, oh I was looking for you.»
«Birdland» est la chanson qui tend sans doute le plus ouvertement vers la transe chamanique. Commençant comme un poème souligné de notes au piano, elle s’oriente bientôt vers la lamentation avant de s’élever dans un rythme tournoyant, confinant au délire ou à l’hallucination, sur le thème de la mort, du deuil et du monde des ténèbres.
Pas loin derrière en terme de transe se trouve la plage suivante, «Free Money». Si le morceau est plus court (à peine quatre minutes contre neuf pour «Birdland»), le vertige en est d’autant plus rapide. On est là dans le rock’n’roll le plus jubilatoire, il faut entendre Patti Smith répéter le titre comme une litanie exaltée…
«Kimberly» est l’histoire d’une naissance, « célébrant l’art de donner le jour comme un cataclysme » pour reprendre ce qu’écrivit Lester Bangs dans Creem à la sortie de l’album. «Break It Up», chanson sur laquelle Tom Verlaine, de Television, accompagne Patti à la guitare, est le moment où le corps de la chanteuse est soudain physiquement présent. Par sa façon de se marteler la poitrine d’abord, faisant tressauter sa voix, et par la rage qui semble déborder d’elle sur les répétitions ad libitum.
La vie, la mort et la sexualité s’entremêlent dans les 9’30’’ que dure «Land», dispersant ces trois thèmes dans les trois parties de la chanson. «Land Of A Thousand Dances» est une chanson de Chris Kenner, que Patti Smith joint à son répertoire pour faire décoller la mélodie et l’élever en multipliant les voix. Trois voix s’appellent, se répondent, se complètent avant le retour au calme.
Allen Lanier, de Blue Oyster Cult, joue de la guitare sur «Elegie», qui clôt l’album, quelques notes qui s’ajoutent à celles du piano pour enrober la voix brisée et tragique de Patti Smith.
Horses est un pur album de rock’n’roll, sombre et aérien à la fois. Il est souvent difficile d’extraire quelques titres d’un album pour en donner une idée, ça l’est encore plus avec celui-ci qui possède une unité propre, je ne saurais donc trop inviter les curieux qui ne le connaissent pas encore à se le procurer…

Et maintenant, comme vous avez été sages, je vous propose in extenso l’article de Lester Bangs, paru dans Creem en février 1976, qui parle de cet album bien mieux que moi (tout ça pour dire que vous venez de perdre votre temps).

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PATTI SMITH : HORSES

Patti Smith survivra au blitz médiatique et à l’avide demande générale pour une nouvelle « superstar » parce qu’elle est une artiste à l’ancienne – mais
de la bonne manière. C’est avec une urgence brute que Horses fonce droit devant, mais elle-même adopte une approche très méthodique. Elle aurait pu faire tout ça il y a longtemps, et elle s’est construite sans arrêt, payant ses dettes et s’initiant à une musique qui convienne à la portée de sa poésie afin que, lorsque la chanson apparaît au final, elle tienne toutes ses promesses.

Ce qu’il faut bien voir, c’est qu’elle transcende le côté « culte marginal » pour être à la fois positive et grand public, même si ses chansons vont au-delà d’un simple flirt avec la mort et la pathologie. Elle a simplement vu qu’il était temps que la littérature se secoue et que la musique soit porteuse à la fois d’une certaine culture et d’une influence qui ne soit pas bidon. Une telle combinaison fait d’elle un ange coriace typiquement américain, arpentant la rue en claquant des doigts, et pourtant bougeant avec cette ondulation des hanches si semblable à celle des allumeuses pour lesquelles vous avez bavé au lycée.

Elle a un son aussi nouveau-ancien que son look. On y entend les Shangri-Las et autres groupes de filles du début des années 60, ainsi que Jim Morrisson, Lotte Lenya, Anisette de Savage Rose, le Velvet Underground, les beatniks et les Arabes. Et tout du long, le minimalisme du groupe contraint le son à sortir en même temps que la poésie, et ce son se tient. Ce n’est pas un album « parlé », c’est un album de rock, et vous ne pourriez manquer la force émotionnelle de la musique de Patti même si vous ne parliez pas un mot d’anglais. Et vous adorerez qu’elle commette des erreurs (en cette époque où un « rock » superficiel et prédigéré sert de Muzak) quand sa voix s’éraille (mais comme il convient) comme en un bond parfait vers quelque chose de précieux. À quoi bon l’
autre perfection ?

Ce qui nous mène à l’une des choses les plus couillues de cet album : elle affronte les articles de
Mademoiselle et la rubrique d’Earl Wilson non avec quelque superproduction bien léchée (dont John Cale serait très certainement capable), mais avec le plus beau son de garage band jamais entendu dans les seventies. Le groupe déménage avant tout parce que, à de brèves exceptions près (la superbe intro au piano de Richard Sohl pour « Free Money », la guitare spectrale d’Allen Lanier dans « Elégie »), il est utilisé soit comme un instrument à percussion soit (comme aux plus grands moments du Velvet) pour soutenir un bourdonnement fortifiant. Lenny Kaye tire de sa guitare quelques-unes des meilleures distorsions sur une note depuis le « 1969 » des Stooges, et le primitivisme ambiant vous fait comprendre que vous êtes redevenu un mammifère, que vous en êtes ravi et vous léchez les babines.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas à l’œuvre ici une certaine sophistication musicale : c’est simplement qu’il s’agit d’une sophistication sortie des
tripes, d’un instinct ferme et assuré et non de l’approche cérébrale, à l’odeur de renfermé, des vieux albums « jazz et poésie ». Horses est une œuvre impérieuse, et non pas exigeante : vous n’avez pas à faire d’effort pour la « comprendre » ou l’aimer, mais vous ne pouvez pas l’ignorer non plus ; elle refuse d’être simple musique de fond, impose le silence dans la pièce où on la passe, et une fois terminée fait encore sentir ses effets, que les auditeurs aiment ça ou pas.

Chaque chanson s’édifie avec une effervescence inexorable, un goût du désir et du risque qui vous secoue et ne vous laisse jamais oublier que vous écoutez enfin du vrai rock. Et chacune comporte des moments qui vont au-delà du crade pour atteindre des domaines affectifs qui peuvent vous faire frissonner. Dans « Birdland », c’est « It was as if somebody had spread butter on all the fine points of the stars and they started to slip »
[« C’était comme si quelqu’un avait enduit de beurre toutes les pointes d’étoiles et qu’elles commencent à glisser »], à vous laisser pantois ; dans « Break It Up », la séquence vraiment cosmique de « I cried “Help me please” / Ice it was shining » de Patti, et tout d’un coup, grâce à ce vers, vous l’entendez réellement se frapper la poitrine du poing avec une régularité de métronome, ce qui nous mène à « My heart it was melting… »

Tout du long, elle joue avec des rôles et des masques, combinant bouderie féline et agression masculine revendiquée dans « Gloria », où elle transforme l’original de Van Morrison en un fantasme sauvage qui est une célébration du désir sexuel le plus cru et de la primauté de l’individu sur n’importe quel dieu, n’importe quelle loi. Bien qu’elle apprenne encore à chanter, sa voix est partout, du jappement bandant de « sweet young
thuing » dans « Gloria » à la manière démoniaque dont sa langue fouette le mot « locker », la première fois qu’elle le prononce dans « Land », en passant par la brève envolée dans l’aigu surnaturelle mais si apaisante au milieu de « Elégie ».

Horses se définit véritablement dans « Kimberly », « Land » et « Elégie », les deux derniers s’accordant pour former une bouleversante épopée de violence, de fuite, de mort et de deuil qui se révèle en définitive cathartique. « Kimberly » est la chanson la plus envoûtante que j’aie entendue depuis longtemps (à tel point que j’avais à peine l’album depuis 48 heures qu’elle palpitait non seulement dans mes jours, mais aussi dans mes rêves), une sorte de boléro Ronettes plus « Waiting for the Man » célébrant l’art de donner le jour comme un cataclysme (ce qu’il est) par des paroles sidérantes : « Oh baby I remember when you were born / It was dawn and the storm settled in my belly / And I rolled in the grass and I spit out the gas / And I lit a match and the void went flash / And the sky split / And the planets hit… And existence stopped / Little sister, the sky is falling / I don’t mind… » [« Oh bébé je me souviens quand tu es né / C’était l’aube et l’orage s’est installé dans mon ventre / J’ai roulé dans l’herbe et recraché le gaz / J’ai craqué une allumette et le vide a explosé / Et le ciel s’est fendu / Et les planètes se sont heurtées… Et l’existence s’est arrêtée / Petite sœur, le ciel s’effondre / Je m’en fous… »]

« Land » crée dans sa séquence d’ouverture une ambiance de sexualité sinistrement malveillante qui mène à la scène de viol, puis vient la vague farouche, chaque mot étant une explosion, de « Suddenly / Johnny / gets a feeling / he’s being surrounded by / horses ! / horses ! / horses ! », puis on passe à un refrain nu, déchirant, « Do you know how to pony », tiré du vieux hit de Chris Kenner « Land of 1000 Dances ». Après ça, la chanson décolle, presque littéralement, dans l’espace, les trois voix simultanées de Patti, alternativement en phase et déphasées, fusionnant comme par magie des images fracassées : « He picked up the blade and then he pressed it against his… smooth throat / and let it dip in / the veins / to the sea / of possibilities / it started hardening / to the sea / in my hand / and I felt the arrows of desire… » [« Il prit une lame et l’appuya contre sa… douce gorge / et la plongea dans / les veines / vers la mer / des possibilités / elle se mit à durcir / dans la mer / dans ma main / et je sentis les flèches du désir… »], tout s’élevant dans un déferlement furieux de son et d’image pour exploser en une mort étouffante froidement contemplée, la vie refluant sur un rythme ralenti vers « Elégie », rafale de mélancolie pure figée juste avant l’angoisse ; c’est là que Patti chante le mieux, et c’est la chanson la plus solitaire depuis l’« Elegy to Lenny Bruce » de Nico.

Les héros de Patti ont peut-être disparu, mais elle est encore avec nous et pour nous, si fortement que sa musique devient, finalement, quelque chose derrière quoi on peut se rassembler. Pour commencer, elle a certaines qualités qui peuvent faire d’elle l’héroïne de toute une génération de filles ; Patti a fait plus ici pour la femme considérée en tant qu’agresseuse que tous les tracts du Women’s Lib, et a imposé aux médias l’idée qu’apprendre à « devenir » une « femme » est un processus, au même titre que pour les hommes qui luttent avec toute cette histoire de « virilité » à la noix. C’est une dure de ce genre, qui marche comme Bo Diddley et qui pourtant est entièrement femme, que nous attendions depuis si longtemps ; une chieuse qui réussit le prodige d’être simultanément une idole des femmes et un objet de désir des hommes (et des femmes, sans doute).

Mieux encore, la musique de Patti, dans ses plus grands moments, se raccorde sur de profondes sources d’émotions que très peu d’artistes, de rock ou d’ailleurs, sont capables d’atteindre. Par l’abondance de ses promesses, comme par les envols et les silences les plus incandescents de cet album, elle rejoint les rangs de gens tels que Miles Davis, Charlie Mingus, ou le Dylan de « Sad-Eyed Lady of the Lowlands » et du concert du Royal Albert Hall. C’est vraiment aussi profondément ressenti, et aussi émouvant : un romantisme nouveau, édifié sur le langage universel du rock, une affirmation de la vie si totale que, même lorsqu’elle reconnaît la présence choquante de la mort, elle vous coupe le souffle. Et seuls les joueurs-nés prennent ce genre de risque.


(Article repris dans Lester Bangs, Fêtes sanglantes & mauvais goût)


Patti Smith – Gloria

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Patti Smith – Break It Up

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Patti Smith – Land


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Commentaires

Ce qui est très "punk" :

Se cracher dessus entre amis
Faire de la musique punk
Le rouge avec le noir et le vert avec le rose
Le dégueulis, le hurlement, la maladresse, l'ivresse et la fébrilité
Etre d'autant plus agressif qu'on est rachitique
Péter, roter, chier dans les rallyes de Boulogne, les boums de banlieue, les cocktails du Crillon, les galas du P.C., les conseils de classe, les A.G. d'étudiants, les réunions de femmes et les rassemblements politiques
Trouver Amin Dada sympa et Giscard minet
N'avoir aucun avenir et le dire
Donner des coups de pied dans les murs
Se faire appeler Johnnie Proot quand on s'appelle Marcel Roger
Regarder par terre
Parler peu
Parler fort

"Les mouvements de mode expliqués au parents" - A. Soral, H. Obalk, A. Pasche (1984).

Ecrit par : Bide Vicious | 10.08.2006

Très bon résumé de toutes les idées reçues sur le punk. Lester Bangs, toujours lui, avait aussi fait sa liste de ce qu'était "être punk", du genre : "Le punk c'est de vagues rêves de carnage et de vengeance sanglante quand on a à peine la force d'écraser une mouche comateuse. Le punk c'est des grosses taches de vin sur les sillons de Between the Buttons et de "Sister Ray". Le punk c'est l'inutilité. Le punk c'est déchirer des articles comme celui-ci. Le punk c'est n'avoir ni l'énergie ni l'intérêt de le déchirer. Le punk c'est lire cet article mécaniquement parce qu'il n'y a rien d'autre à faire et les mots passent sur vous sans bruit comme des cendres. Le punk c'est balancer le magazine à l'autre bout de la chambre, laisser tomber vos mains sur vos genoux, vous gratter machinalement la bite ou le clito en vous demandant si vous voulez vous branler encore, décider que ça n'en vaut même pas la peine et contempler le vide d'un regard dépourvu d'expression. Le punk c'est penser que peut-être on pourrait aller au ciné ce soir et ne pas avoir l'énergie de se lever et de traverser la pièce pour prendre le journal. Le punk c'est parler aux personnages des vieux feuilletons multi-diffusés l'après-midi. Le punk c'est voir des gonzesses dans des pubs télé et croasser: "A poil!" quand ça fait deux ans que vous n'avez pas tiré un coup. Le punk c'est être à court de bière à 5 h 30 du matin et prendre trois Chlor-Trimeton pour voir si ça pourra renforcer l'effet de ce qui reste. Le punk c'est se réveiller le matin et n'avoir ni l'énergie ni la motivation de vous lever ni d'allumer depuis votre lit la télé couleur perchée sur la commode de l'autre côté de la chambre. Le punk c'est commencer à se branler, bandouiller, penser oh et puis merde à quoi bon, et laisser tomber..." (Lester Bangs, "Pour en finir avec le punk" New Wave, août 1977 - Repris dans Fêtes sanglantes)

Ecrit par : Edicius | 10.08.2006

THREE
Never give a straight answer to anybody - they'll use it to kill you.

(Kim Fowley's Ten rules )

Ecrit par : polymagoo | 11.08.2006

"Ce qui nous mène à l’une des choses les plus couillues de cet album"


Monsieur Lester Bangs,

Si vous vous mettez à faire dans le vulgaire où va notre civilisation je vous le demande ?

Dans l'attente d'une rectification, veuillez croire cher Monsieur, en mes sentiments les meilleurs.

Ecrit par : Miss Money Penny | 11.08.2006

Patti Smith est très certainement ma première rencontre avec le punk, c'est une fan de T-Rex et Bowie qui me l'a fait découvrir, à cette époque en France ceux qui savait que le punk existait devait bien être une centaine (en comptant large) aussi ma copine ne pas dit qu'il s'agissait de punk... Mais tout le monde à compris qu'avec Patti Smith nous passions à autre chose... qui allait exactement dans la direction que nous avions tous commencé à prendre...

Ecrit par : stael | 16.08.2006

J'ai vu mon premier punk vers fin 1977, et ai adopté ce style vestimentaire en 1978 ! Mais je l'étais déjà, grâce à cette fille et au style de vie qu'elle me légua... Nous consommions peu de "valstar", il est vrai...

Ecrit par : stael | 16.08.2006

Quoi que dans certain cas elle n'hésitait pas à me faire boire... du parfum.... excellent pour l'haleine...

Ecrit par : stael | 16.08.2006

A 14 ans c'est bien mieux que l'école !

Ecrit par : stael | 16.08.2006

Plutôt boire du parfum que sniffer de l'école !

Ecrit par : Edicius | 16.08.2006

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